16 septembre 2019
L'orchidée du pauvre
Une alarme portative individuelle à la main, je traverse les couloirs d'une prison de type dernier cri: des falaises de béton armé où le soleil joue des ombres, des passages à ciel ouvert, des volutes de concertina où s'accrochent des nuages clairs. Je vois des prisonniers en bleu de travail rejoindre à pas lents l'atelier. J'entends un rire, l'infime cliquetis des ouvertures automatiques. Je n'entends pas de bruit de clés. Reconnais à peine celui des pas. Le ciment absorbe la trace même des semelles épaisses. La vie semble glisser, faire semblant, des corps se...