Une  alarme portative individuelle  à la main, je traverse les couloirs  d'une  prison de type dernier cri: des falaises de béton armé où le soleil joue des ombres, des passages à ciel ouvert, des volutes de concertina où s'accrochent des nuages clairs. Je vois des prisonniers en bleu de travail rejoindre à pas lents l'atelier. J'entends un rire, l'infime cliquetis des ouvertures automatiques. Je n'entends pas de bruit de clés.  Reconnais à peine celui des pas. Le ciment   absorbe la trace même des semelles épaisses. La vie  semble glisser, faire semblant, des corps se...

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