Elle est une rare poète
13 avril 2016
Les bêtes n’ont pas de larmes, c’est une eau qui part dans leur salive. Car il leur faut une bouche neuve, pour sentir, respirer. Le regard des bêtes est beaucoup dans leur gueule. Un peu seulement dans leurs yeux.
Les bêtes ne savent pas pleurer. Car il faut la parole pour nourrir un chagrin et se le faire durer. Tandis que le silence des bêtes est comme un vent. Il n’est jamais le même. D’un instant l’autre, ce qui courbait l’épaule l’aide à se redresser.
Anne Sibran Je suis la bête. Edition Gallimard
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