Guillevic 2016linoines

Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

15 décembre 2013

Mirko

 

 

 

Aujourd’hui, premier jour de l’automne. Une belle lumière repose sur le parc Chambovet où elle vient marcher au milieu du jour. Il n’y a pas d’enfant à cette heure. Quelques silhouettes immobiles sur les bancs semblent patienter en attendant la pluie. Une brise légère agite les cheveux d’Ester sur ses épaules. Son chandail est trop fin, elle porte une main à sa gorge pour se protéger de cette fraicheur inattendue. Sur l’allée de gravillons, ses pas font un bruit de perles oubliées. Elle avance lentement, un grand sac de toiles se balance sur sa hanche. A l’intérieur, son carnet de croquis, quelques crayons pour le fusain, une demie bouteille d’eau minérale. Elle longe les jardins ouvriers, étonnée de voir de bidons bleus remplis d’eau de pluie. Quand a eu lieu la dernière averse ? Était-elle dans le sommeil ou derrière une toile, sourde aux bruits du dehors ? Le cri d’un corbeau vient déchirer le calme de l’instant. Elle cherche au dessus des frondaisons des platanes, manque de tomber sur une racine à fleur de sol. Elle s’arrête sur les gros nerfs de bois sur la terre si foulée qu’elle est devenue sable. Elle veut la garder pour elle pour en restituer l’incongruité sur un tableau qui parlera peut-être des impossibles passerelles entre terre et ciel mais qu’elle recherche toujours dans le fouillis des sols des villes, leurs palimpsestes. Elle voudrait s’accrocher à une image heureuse, un souvenir de peau, de bouche ouverte sur le rire. Elle cherche un ravissement ancien entre elle et lui. Entre eux deux, les mots innocents de l’approche.


Extrait de mon roman en cours Mirko ( titre provisoire)

06:47 Écrit par Paola Pigani dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)

Les commentaires sont fermés.