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13 décembre 2019

Le M manquant

 

 

 

Il manque parfois un M

dans dans nos vies 

une corde à notre arc

un bleu qui dure

 

©paolapigani

 

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16:49 Écrit par Paola Pigani dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : gare part dieu | |

10 décembre 2019

Prochaine rencontre dans le Lubéron

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Poésie en rafales au café villageois

avenue de la gare

84360 Lauris

08 décembre 2019

De l'autre côté du chronométre

 

 

 

Lettre d’Albertine à Julien,
Hôpital Cochin
Le 25 janvier 1967

Zi-Lou-Lien mon père et ma mère mon amour ma vie toute, il est 6 H et après une nuit en grande partie blanche je suis là, à chialer comme je n’ai peut-être plus fait depuis la plage de Calais, c’est rien, t’en fais pas, c’est peut-être l’alcool absorbé hier – par voie externe – à pleines compresses, ces voitures stridentes menant ici jusqu’à ma cretonne l’idée de mort et de gâchis, peut-être simplement, comme au seuil des grands instants, l’instant d’immanence de la vérité, je sais pas, j’avais des mots tout à l’heure en foule dans le cœur, pressés comme les larmes qui merde me dégoulinent sur la liquette locale, une vraie combinaison de nonnette – et puis ne m’en reviennent que ces trois JE T’AIME, Julien, Julien, sois là, ne me quitte pas, jamais, j’ai besoin de toi pour revivre, je voudrais seulement que ces quelques heures où je m’absente un peu de toi nous soudent à jamais, tous deux bien serrés comme dans les nuits récentes, et même si devaient revenir les nuits à moitié morts, à moitié tronqués de Nous, soudent le cercle de l’osselet, nous y rivant toi et moi pour l’éternité des éternités.

Pardon, Zi, pour tout ce qui dans cette décennie m’a empêchée d’être la Sarrazine, pour mes maussaderies, mes maux, mes ivresses, mes caprices, mes distractions, mes rognes, je ne sais pas encore aimer aussi bien que toi, tu es moi et je m’aime ; mais j’oublie, parfois, que je suis toi et le « tu » appelle les mots injustes, cruels, les évidences où, si tu n’as pas raison, tu n’y es pour rien ; je sais, Zi, ton amour si pur et si immense que le mien s’étrangle parfois de honte. Je reviendrai tout à l’heure, certainement – comme disait le gars hier, c’est de la géométrie, c’est aussi de la mathématique générale, je reviendrai – Mais, flirter avec la mort étant quand même de plus en plus risqué pour moi, je veux te dire que ce ne pourra être qu’un flirt, une passade plus ou moins longue et sommeillante et que je t’attends, comme tu m’attends, de l’autre côté du Chronomètre.

 

 

albertine Julien sarrazin

Albertine Sarrazin. Lettres à Julien (Pauvert, 1971)

 

 

16:49 Écrit par Paola Pigani dans Des livres | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : albertine et julien sarrazin | |

07 décembre 2019

Trees fall

 

 

tindersticks

 

tindersticks

10:41 Écrit par Paola Pigani dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tindersticks | |

05 décembre 2019

Gréve

 

 

 

Tous une raison d'y être, entre les rails ou dans la rue...

 

 

Dans la gare divine, le chef de gare est aimé,
Dans la gare divine la locomotive d'or va souffler...

Nougaro

04:59 Écrit par Paola Pigani dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : grève, claude nougaro, locomotive d'or | |

04 décembre 2019

Amadou

 

 

 

 

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©paolapigani

 

 

 

Entre les arbres, il marchait 

Comme un aveugle parmi les étoiles.

Un jour,

cherchait  raison de vivre dans un puits de pierre

Le noir lui racontait

le voyage de sa naissance 

Le lendemain,

n'était plus rien,

lâchait  son insomnie dans les brumes 

Tout pour les oiseaux 

 

Rire à la gorge d'une femme

Il savait 

Et encercler ses hanches

 

Trouver l'amadou pour le feu 

Et en saison morte

les baies du désir

©paolapigani 

07:49 Écrit par Paola Pigani dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | |

03 décembre 2019

Il mio domani sei tu

11:01 Écrit par Paola Pigani dans Musique, Poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : leo ferre, tu non dici mai niente, amore | |

01 décembre 2019

Sans bagage

 

 

 

Tu t'imposes le vide, fermes les yeux

le quai de la gare s'emplit soudain 

de silhouettes fantômes

elles s'avancent vers toi

sans bagage

à peine vêtues de chagrin et d'ivresse

tu reconnais chacune d'entre elles

mais elles passent sous tes yeux

et regagnent leur nuit

bien au delà de ta mémoire

tu ne pourras jamais faire le vide

l'écriture commence là

dans les salines de ton regard

tourné vers l'intérieur. 

 

©paolapigani

 

 

 

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©laurentlevybencheton

30 novembre 2019

Fides tua

 

 

 

 

 

17:11 Écrit par Paola Pigani dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tigran hamasayan | |

29 novembre 2019

La petite dame en noir

 

 

Reims     s  r i e m

dans le désordre des lettres on pourrait lire riem  rien

 une femme qui croit

peut-être n'être rien

quand elle s'avance vers moi

avec sa chevelure blanche  

 son cabas contre la jambe ensevelie sous un manteau sombre

sans livre à dédicacer sans rien me demander

seulement me dire avec son beau visage et sa bouche à claire voie

  l'écriture et  les livres m'ont sauvée

à ma question naïve ou stupide elle répond

écrire, moi ? Je  ne saurais pas

 j'ai quitté l'école à onze ans

s'ensuit le récit de son enfance dans le Nord Pas de Calais

de sa  voix lente,  timorée, elle l'écrit déjà , son histoire

un mot après l'autre, caillouteux dans la gorge

et je vois la fillette qui trébuche sur un panier de lessive

  10 petits frères et sœurs tout autour du ventre

 à mener sur les chemins de rivière et de ronces, ses mains rougies de froid, 

je vois dans  l'eau limpide de ses yeux la force sauvage de  son corps d'enfant,

un petit soldat sans rêve

et pourtant

à ma  question suivante  sur les livres qu'elle aime,

 elle me  répond  les histoires vraies

et ajoute d'une voix qui s'éclaire soudain

mon livre de chevet c'est les souffrances du jeune Werther

Voilà me dis-je , cette femme me confie son trésor , ce long poème romantique qui l'accompagne, son histoire vraie

je la regarde s'éloigner de son pas humble, la tête plus haute, le regard tourné vers où?

je ne sais.

 

 

 

Oui, certes, je ne suis qu'un voyageur, un pèlerin sur cette terre! Qu'êtes-vous donc de plus?

Goethe. Les souffrances du jeune werther

 

 

16:13 Écrit par Paola Pigani dans Cadeaux de lectrices et lecteurs, Poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : reims, goethe | |