Guillevic 2016linoines la renouée aux oiseaux UA-98678848-1

Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

27 août 2018

Nue Rachel

 

 

Une main a taggé Ave, ne reste sur la plaque de la rue que nue Rachel

 

des gens endimanchés  sortent de berlines aux verres fumés,

vont à la noce de l'air et de la terre

 

Le  cimetière est frais sous le pont Caulaincourt

Les talons hauts des femmes peinent sur les pavés

 

Des lèvres rouges ont embrassé le marbre blanc de Madame Du Plessis

 

 Daniel Razoum

la taille de son âme dépasse la dalle noire que je peine à contourner

 

La femme qui pleure est sage prés de sa sœur

 sous un granit constellé d'étoiles mortes

 

Un arbre dans ma ville porte  ces chiffres 240262

 cloués au tronc

comme  ceux d'une naissance

vingt quatre février mille neuf cent soixante deux

Sur chaque  tombe  du cimetière de Montmartre

les dates vont par deux  

le début et la fin

l'éther et le gypse

sauf sur celle de Dalida

 morte le 3 mai 1987

 sait on  si elle est née un jour?

 

Au cimetière ferroviaire de Culoz

je repars pour l'impossible

dans les wagons éclatés

combien de nue Rachel graffées,

 et de soleils désespérés

 dans la cendre du voyage

 

 

daniel darc, Marie Duplessis, Dominique laffin, Dalida, Culoz

25 août 2018

Métropolitain 2

metropolitain.jpg

 

 

 

 

 

Itinérants

Il était très tard et très tôt,
le métro roulait vers la porte de la Chapelle.
Il n’y avait personne sauf deux
et la première personne parlait à la seconde personne
d’une troisième personne qui était,
à l’entendre, un oiseau.
Elles descendirent à la Trinité
et sur le quai, sans la saluer,
croisèrent une autre personne
qui avait une queue et des cornes
et devait descendre à la Fourche.

Jacques Prévert

 

 

17:47 Écrit par Paola Pigani dans Poésie, Voyage | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : paris, métropolitain, prévert

23 août 2018

Métropolitain

 

 

 

 Entre gare de Lyon et gare de Montparnasse

Paris aux épaules nues

Une paire de pieds sur 3 cavale en Stan Smith

Les siens sont sages dans les tongs rouges

D'une main elle lisse ses cheveux, frotte son cou,

 de l'autre réajuste son corsage

 Et le caddy  qui tremble  entre ses genoux

 Vérifie si rien ne s'effondre

De sa colline de paquets

 Se gratte encore derrière les oreilles, entre les seins

Le bruit de ses  bracelets

Dissipe  la honte de porter

Si belle

des puces des morpions ou des poux

Sous la peau de Paris

ce onze aout deux mille dix huit

 

13:38 Écrit par Paola Pigani dans Poésie, Voyage | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : paris, métropolitain, sdf