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11 mai 2019

Entre lichen et rouille

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un verger de paupières et de murmures

abeilles, pétales et  plaies d'enfances

joies d'écorce arrachée

quelqu'un  tournoie  les yeux bandés

 

 

un seul arbre est en fleur

on ne voit que lui dans ce ballet d'ailes  

le  fruit oublié d'une autre saison  

 minuscule grenade et sa peau de charbon

 

à jeter au loin avant d'aller à la fontaine

où l'eau se divise entre lichen et rouille

une clarté à écouter  genoux à terre 

face au temps qui ne crie plus

 

sous les tilleuls d'Izieu.

 

©paolapigani

 

 

 

16:10 Écrit par Paola Pigani dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : izieu, poeme inédit | |

08 mai 2019

Limoges

limoges,musée de la porcelaine,lire à limoges,jean rouaud,cadou,pirotte,blas de roblés

 

 

 

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                                                      Pour Jean Rouaud

 

 

Ne  rien dire  de la danse d'un soir

puisque le réel n'existe pas,  avoue   Jean-Marie Blas de Roblès 

en levant son verre de Chablis

à minuit partagé, nous parlons  de nos poètes 

René Guy Cadou, Jean-Claude Pirotte

  

De ma chambre d'hôtel,  je regarde  le ciel s'ébrouer 

entre une tache rouge sur un toit, est-ce un drapeau, une robe? 

 et cette tourterelle  accrochée à une antenne

qui lutte contre le vent,

 j'attends qu'elle capitule,

je compte jusqu'à dix-neuf  mais les oiseaux ne lâchent rien   

nous seuls demeurons hébétés comme des enfants 

sur des brisures  de porcelaine.

 

©paolapigani

 

 

 

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02 mai 2019

Prochaine rencontre à Limoges

Bientôt la primavera à Limoges , où j'aurai la chance de causer ( ainsi dit-on là-bas ) avec Gilles Paris, Alexandre Feraga et j'espère avec Carine Fernandez, Isabelle Desesquellles, Franck Bouysse , Joseph Ponthus...Si je  ne casse pas des briques , j'éviterai la porcelaine et ne garderai en main que la terre des mes orties.

 

couv des orties.jpg 

 

https://lire.limoges.fr/programme/programme-jour-par-jour/

 

L'enfance, et après ?

 

Famille, Francophonie

10h-11h – La Causerie (sous le chapiteau)
Avec Gilles Paris, Paola Pigani et Alexandra Feraga

Revenir sur les territoires de l’enfance, les explorer et comprendre le moment où l’enfance n’est plus. Gilles Paris, auteur de l’Autobiographie d’une Courgette est maître dans l’art de décrire la vie d’enfant et celle plus perturbée de l’adolescent, l’adulte en devenir. Chez Paola Pigani, l’enfance a un goût de nostalgie rurale, teinté d’amertume à mesure que l’histoire avance. Pour Alexandre Feraga, la fin de l’enfance est marquée par le retour au pays de ses origines lors d’un voyage avec son père.

01 mai 2019

Sans muguet

cadeau d'un lecteur.jpg

d'un geste il raffle la mise d'un printemps fragile

la rue ce premier mai brûle de vérité

il veut l'entendre de loin

la révolution

qui partira ventre à terre  

depuis l'humus des bois jusqu'à la fonte des machines à bobiner

 

 

28 avril 2019

Sous les tilleuls

 

 

 

Izieu, inedit

 

un verger de paupières et de murmures

abeilles, pétales et  plaies d'enfances

joies d'écorce arrachée

quelqu'un  tournoie  les yeux bandés

 

 

un seul arbre est en fleur

on ne voit que lui dans ce ballet d'ailes  

le  fruit oublié d'une autre saison  

 minuscule grenade et sa peau de charbon

 

à jeter au loin avant d'aller à la fontaine

où l'eau se divise entre lichen et rouille

une clarté à écouter  genoux à terre 

face au temps qui ne crie plus

 

sous les tilleuls d'Izieu

 

©paolapigani

10:11 Écrit par Paola Pigani dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : izieu, inedit | |

26 avril 2019

Des orties et des hommes dans la presse

 

 

Dans le monde des livres du 25 avril. merci à Florence   Bouchy !

 


L’horizon pour voyage

Avant d’être remarquée pour son premier roman, N’entre pas dans mon âme avec tes chaussures (Liana Levi, 2013), Paola Pigani était déjà l’auteure de plusieurs recueils de poésie.

Si elle avait d’abord semblé explorer deux tonalités différentes, selon le genre, Des orties et des hommes, son troisième roman, lui permet à l’évidence de déployer toute sa force d’évocation poétique en une prose au lyrisme mesuré mais constant. Le fil narratif est d’ailleurs ténu: la narratrice évoque les jours qui s’étendent et se ressemblent à la campagne, en Charente, dans les années 1970.
Dans cette famille nombreuse de paysans venus d’Italie, seule la fugue de l’aînée, durant trois jours, brise cette
continuité. Elle sonne comme un reproche à l’égard  de cette vie consacrée au travail de la terre, trop immobile au goût d’une adolescente avide de découvertes et de transgressions, mais son souvenir est vite balayé. La narratrice, quant à elle, encore enfant au début du roman, fait corps avec les paysages, grandit avec les saisons et voit, derrière la rudesse de cette vie, toute la beauté dont la gratifie la nature.
«Ce pays est lemien pour quelque temps encore, écrit Paola Pigani. Même s’il n’est que de pierre, d’écorce et de terre, je n’ai qu’à le respirer par la peau et garder l’horizon pour voyage. Les frontières tendres, le sorgho et le blé, le maïs trembleront encore sous mes yeux quand j’habiterai une ville.» Car, contrairement à ce que laisse
attendre l’épisode de la sœur aînée fugueuse ou, plus tard, celui du grand frère qui devance l’appel et part au bout du monde effectuer son service militaire, la trajectoire de Pia n’est ni celle d’un rejet ni celle d’une déchirure.
Sentiment d’appartenance
Le lecteur guette les indices et les  scènes qui feraient de ce roman le récit d’une ascension sociale douloureuse, le chant d’adieu au monde agricole de l’enfance, l’évocation du sentiment de trahison qui accompagnerait la réussite scolaire et le goût pour la lecture de la jeune fille. Il en trouve quelques traces,d’ailleurs. Au lycée dans lequel Pia poursuit ses études, parce qu’elle est bonne élève, elle découvre «une caste à l’élocution parfaite qui fume des Dunhill, s’habille en bleu marine, en écossais,porte des foulards de soie et des cartables en veau. D’un côté, les nantis du centre, et de l’autre, les bouseux pensionnaires en chaussures plates. Deux mondes qui ne se
donnent même pas la peine de s’entrechoquer.»

Mais Paola Pigani n’en fait jamais le propos principal du texte.Elle ne mesure pas la distance qui s’instaure entre le monde de l’enfance et celui de l’adulte qu’elle est devenue–puisque l’histoire de Pia, à n’en pasdouter, s’apparenteàcelle de l’écrivaine.Des orties et des hommes est un poème qui dit la plénitude du sentiment d’appartenance au monde de la terre, à «ce qui dure».

Un texte à l’écoute de toutes les sensations inscrites dans le corps et dans l’âme. Un hymne à la richesse des doubles cultures plutôt qu’une analyse des clivages qu’elles suscitent: qu’il s’agisse des racines italiennes d’une famille de paysans charentais,des traces indélébiles que laisse une enfance campagnarde chez une romancière devenue citadine,ou du privilège accordé au geste et au travail manuel, quand on développe plutôt le goût de la lecture. N’existant qu’à travers sa famille au début du roman, la narratrice laisse progressivement entendre sa voix propre. Le «je » prend le pas sur le «on » auquel étaient ramenées toutes les émotions et toutes les décisions durant l’enfance. Mais grandir,semble nous dire Paola Pigani, s’émanciper même, n’est ni renier ni oublier. Son roman, son poème, ne chante pas un monde disparu. Il atteste de ce qui perdure, de ce qui est transmis et que l’on transporte avec soi.

« J’ai appris que les orties sont envahissantes, écrit la romancière, elles fleurissent de
mai à octobre, ont des fleurs mâles, des fleurs femelles et peuvent grandir au ­delà d’un mètre. Ainsi,les orties
ont la taille demon enfance et les hommes sont immenses quand ils disparaissent. Leur ombre s’étend à l’infini sur l’écriture comme sur une rivière en crue.»

Paola Pigani ne discourt ni ne démontre. Sa prose est à elle seule un hommage à la sensibilité et à la finesse que lui ont léguées les territoires rugueux de son enfance. 

 

Florence Bouchy 

https://www.lemonde.fr/livres/article/2019/04/25/vert-hor...

 

25 avril 2019

Prochaine rencontre à Mâcon

 

 

 

 

 

des orties et des hommes,le cadran lunaire,mâcon

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24 avril 2019

sous le vent

ne se laisseront pas vaincre par le vent

ces lilas blancs

ne se laisseront pas coucher par la pluie

longtemps je les regarde s'affoller 

dans leur danse impudente

ces petites outres de bonheur et de larmes

prêtes à rompre

je ne les vois pas s'envoler

rien ne cédera  sous le vent

aujourd'hui

14:49 Écrit par Paola Pigani dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : inedit, en attendant rien ni personne | |

23 avril 2019

Sans barbare

 

 

 

les corbeaux de ma ville bataillent

avec tout et n'importe quoi 

merles , pies et les antennes

jusqu'aux plus petites de nos peines

à la vue d'un ciel trop pâle

le jour où l'on veut aller becqutter

un peu d'ennui et de tendresse

sur l'île Barbe sans barbare

12:04 Écrit par Paola Pigani dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : jour ferié, ile barbe, perdre son temps | |

22 avril 2019

Dans la lumière d'avril

 

 

le soir ne viendra pas 

il marche dans la lumière d'avril

il lui tend les bras 

et sa bouche

avale un nuage puis deux

à tant découdre ses propres paroles 

ôter les points

d'exclamation, de suspension

ne lui reste qu'un souffle 

il marche sur l'ail des ours, 

les consolations , les violettes

son fils loin devant

le ciel dilate ses poumons 

 

 

 

12:50 Écrit par Paola Pigani dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : inedit, l'usage de la parole | |