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15 février 2019

Des pics d'aluminium aux pics d'or

 

 Une histoire de mobilier urbain ...

https://twitter.com/Abbe_Pierre/status/1093545296611737600

 

 

 

Pas plus que tes hardes
Tu ne pourras t’étendre sur un banc au design parfait
Conçu pour un corps assis
Ou plié en deux
Les pigeons c’est pareil
Entre les projecteurs et les pics d’aluminium
Ils en perdent leurs plumes
T’allonger au ras de la rue
Tu ne pourras pas non plus
Ne te reste qu’un lit de rivière
À remonter dans ta mémoire

 

 Paola Pigani

 

Le coeur des mortels Editions La passe du vent, à paraitre en mars 2019

 

 

14 février 2019

Personne ne se sépare de personne

©criweFrida par Crew.jpg

 

 

 

J’aimerais pouvoir être celle que j'ai envie d'être, de l'autre côté du rideau de la folie. Je ferais des bouquets de fleurs toute la journée. Je peindrais la douleur, l'amour, la tendresse. Je me moquerais bien de la bêtise des autres, et tous diraient: pauvre folle. (Je rirais bien surtout de ma propre bêtise.) Je construirais mon monde, et tant que je vivrais il serait en harmonie avec tous les autres mondes. Le jour, l'heure et la minute que je vivrais seraient à la fois miens et de tout le monde. Ma folie alors ne serait pas un moyen de fuir dans le travail pour que les autres me gardent prisonnière de leur œuvre. La révolution est l'harmonie de la forme et de la couleur, et tout se meut et reste sous une seule loi: la vie. Personne ne se sépare de personne. Personne ne lutte pour soi seul. Tout est à la fois tout et un.

Frida Kahlo

 

 

 

19:02 Écrit par Paola Pigani dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : criwe, frida kahlo | |

12 février 2019

Une nuit jamais totale

nuit etoilée Millet Jean François.jpg

 

in  attesa di vedervi

 

j'embrasse mes proches comme j'embrasse la douleur

avec les sanglots retenus avec les sanglots libérés

je pose une main sous ta gorge

je m'entends dire touchez- la

ici

sa peau fine d'enfant

incroyablement douce encore

en ce lieu  du corps  qui n'a pas souffert

que  le soleil n'a pas abimé

un seuil clair avant le cou, avant le visage, avant la bouche, avant les yeux

un seuil avant  l'autre naissance

j'impose encore mes deux mains sur ce commencement de statue

plus aucun battement de sang

de paupière

d'impatience

plus que le vent, le froid qui flagellent les dernières heures de janvier

je relis tes derniers mots écrits d'une main tremblée

comme tu le faisais pour chaque lettre au brouillon

avec le souci de bien écrire en italien comme en français

in attesa di vedervi

plus tard je suis saisie face à  La nuit étoilée, une reproduction de Millet

je l'envoie à mes sœurs 

la nuit n'est pas totale

le vide n'est pas total

la nuit n'est pas que nuit

le vide n'est pas que vide

me revient cette chanson de Jonasz

les mauvais chagrins d'hier

les orties dans les fougères

quand on s'aime

ils nous aiment aussi

 

Dans mon roman à paraitre en mars les fils d'orties ont  déjà tissé  un manteau de chagrin  et d'amour pour franchir le dernier gué de  l'enfance sauvage.

Merci pour tous vos messages,  vos  paroles et votre présence  vraies, de prés ou de loin, merci pour les fleurs, les petites lumières et les silences partagés.

 

 

22:16 Écrit par Paola Pigani dans Le coeur des mortels | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : jean-françois millet, nuit étoilée, deuil | |

04 février 2019

Orfana est mon second nom

 

 

 

 

il mondo ora è nudo  se non lo copre il tuo amore  siamo orfani ora 

08:04 Écrit par Paola Pigani | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : capossela, deuil | |

03 février 2019

Ma neige- reine

DSC_0002.jpg

 

Ines Roman Pigani nous a quitté ce trente janvier deux mille dix neuf

 

 

 

 

 

 

 

mes yeux ne voient plus très clair

il neige des soupçons de roses sur ton visage

il neige une peine de pluie glacée

sur ta gorge, autour des tempes,  ta peau devient   silence

tu m'as donné la première part de ce monde vivant

tu me donneras la dernière

 

14:51 Écrit par Paola Pigani dans Le coeur des mortels | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : deuil | |

27 janvier 2019

Liens

 

 

 

 

 

 

Maison de la poésie Rhône Alpes

 

Maison de la poésie Poitiers

 

Pandora

 

Armand Le Poète

 

Brérot Béatrice

 

Bastard Joël

 

Damon Grégoire

 

Deglet Bernard

 

Dupuis Armand

 

Houdaer Frédérick

 

La Frenière Jean-Marc

 

Martin Lionel-Edouard

 

Nuel Jean-jacques

 

Sanchez Fabien

 

Soletti Pierre

 

Vinau Thomas

 

Rahmy Philippe

 

Swiatly Fabienne

 

Rodanski Stanislas

 

Recours au poème

 

Terre à ciel

 

Terre de femmes

 

Compagnie Leila Soleil

 
   

Agnan Kroichvili

 

Giorda

 

Numa Sutter

 

Vugliano Gilles

 

 

16:55 Écrit par Paola Pigani dans Liens | Lien permanent | Commentaires (0) | |

26 janvier 2019

Sur la piste de Pia Just a good trash

téléchargement (1).jpg

 

©David De Beyter

24 janvier 2019

Sur la piste de Pia

calvaire cellefrouin.jpg

21:36 Écrit par Paola Pigani dans Des livres, Des orties et des hommes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : prochain roman | |

23 janvier 2019

Sur la piste de Pia

 

 

 

 

(...)  je trempe ma soupe de morceaux de pain et je repense à Antonin, les oreilles bouchée de mie grise. Et avec ses yeux, comment faisait-t-il ?

Avant de m’endormir, je lis une autre lettre On nous sert du vin et des cris jusqu’à nous faire perdre raison... Je meurs ici chaque jour et vous embrasse de toutes mes forces.

Je range chaque lettre, je fais très attention au papier qui craque comme s’il était encore vivant. Pourquoi Antonin a-t-il gardé ces restes de guerre ?

Tout à l’heure, Adamo a posé sur la table à côté du plat de polenta des futs d’obus en cuivre. Sur le plus grand une étoile est gravée avec cette date 20 décembre 1917. Maman le veut pour y mettre des immortelles. Elle garde aussi un plat constellé de bleuets. Ça ne lui fait rien les fêlures sur la faïence jaunie. Elle aime toutes les fleurs.

On a eu vite fait de diviser la mémoire d’Antonin. La ferraille d’un côté, le feu de l’autre où on jette une par une chaque chose que seules les flammes peuvent détruire. Ce qui ne reviendra pas dans la terre avec la poussière ou dans une décharge sauvage, ce que n’atteindront pas les crocs des chiens errants, ce qui ne sera jamais pourriture. Les quelques objets que nous choisissons seront les traces d’Antonin, notre ancêtre emprunté parce qu’on ne les connait pas vraiment nos véritables aïeux.

Nonna et Ermacora ne disent rien de leur vie d'avant qui ressemble peut-être à ce renard tapi dans l'armoire à glace. Comme lui, les souvenirs ont une heure secrète pour sortir au jour. Ils ne doivent pas déranger les habitants du monde présent.


 

 

 

 

 

19:17 Écrit par Paola Pigani dans Des livres, Des orties et des hommes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : prochain roman | |

20 janvier 2019

Un signe vers Claude Chalaguier

 

Claude Chalaguier nous a quitté ce dimanche 20 janvier 2019.

 Auteur  entre autres de Travail Culture et Handicap, Éditions Bayard, Fernand Deligny, 50 ans d'asile, Éditions Erès, il était trés engagé  sur les questions de  société inclusive.

J'ai eu le privilège de faire sa connaissance en 2007 alors qu'il était un collaborateur passionné de  la revue Le croquant avec Michel Cornaton, son fondateur.

Directeur artistique et metteur en scène du groupe de théâtre Signes , il m'avait fait l'honnneur de me demander à participer à la rédaction d'un livre retraçant l'expérience de Signes  Une aussi longue étreinte avec le théâtre .   

 Je voudrais    partager ma tristesse avec celles et ceux qui ont eu la chance de vivre ou de travailler avec lui et l' image d'un homme dans toute l'énergie de sa générosité , la main sur le coeur.

 

 

Claude Chalaguier,

Lyon le 24 juin 2008

Claude Chalaguier, groupe Signes, une aussi longue étreinte avec le theâtre©paolapigani

 

 

 

 Ouvrez les portes de la représentation. Claude Chalaguier, le metteur en scène, fait acte avec des mots et des sons. Il fait silence avec des lumières. Il fait mouche sur les planches. Les gestes, et la présence des comédiens, portent une densité où se donne à entendre la voûte crépusculaire d’un songe où nous pouvons poser les pieds. 

Joël Clerget

Les réalisations, la créativité, l'engagement humaniste de Claude ont toujours forcé mon admiration. Jusqu’au bout, il est resté très attaché à Reliance, le Collectif créé ensemble. 
Je lui dois 
beaucoup.
 C'est un frère s’en va. Il nous manquera beaucoup !
 

Charles Gardou
Anthropologue , professeur à l'Université Lumière Lyon 2
 
 
 Il était un homme de théâtre au coeur gros comme une belle maison, une maison pour tous, les bavards et les mutiques, il leur a appris des gestes élémentaires, des regards qui ne prennent pas la tangente, des contacts corporels qui comptent double et redonnent le sens de l'autre, de son destin et de ses richesses... Qu'il va nous manquer ce grand bonhomme rieur... avec sa magnifique voix, et ses gestes protecteurs. Mais il a mérité son repos,et tous les mercis qui vont pleuvoir demain comme des larmes de neige fondue... porteront où il le voudra sa belle embarcation débordant de tendresse. Sourire plein en temps de paix... retrouvée... Salut l'Artiste !
 
Marie-Thé Peyrin
 

L’homme qui s’est fait signe                                     

 Il y a plus de 10 ans de ça

Maintenant

De mon appel à propos de contre écritures partagées.

La rencontre fut soudaine,

Claude d’un seul homme

Prit son temps,

Le fait est rare

Ni une ni deux

Le voici dans l’atelier

À bras le corps.

Depuis, plus que de l’eau a coulé sous les ponts,

De l’encre aussi

Et bien des larmes retenues.

Papiers et contre écritures, les ogres

Jonas et la tentation de Saint Antoine

Les fables de la Fontaine, les ogres encore

Et puis sourire vide en temps de guerre

Presque tous

Vus et revus avec envie.

Et toujours ces visages

Les expressions de ces acteurs

De ces autres dont on ne le dira pas assez

Qui nous font sortir de notre torpeur.

Bien des langues ont du se délier

Bien des yeux s’écarquiller

Des souffrances s’alléger,

Des blessures se réveiller peut-être aussi.

Le son de l’être

À l’unisson

Un autre univers

Tout ça sur un plateau

À portée de main

Chaleur et humanité

Singulière façon

De nous aimer.

Accepter en retour

Cette reconnaissance de dette,

Pour ce tour de force,

Plutôt trois fois qu’une

Pour ce faire,

Le dire et l’écrire en corps.

Insigne particulier du groupe

Marque indélébile de mon affection effective indéfectible.

 

  Agnan KROICHVILI     

 

Publié in « Une aussi longue étreinte avec le théâtre »

Claude Chalaguier le Groupe Signes : écrits croisés

Ed  L’Harmattan coll le Croquant une vie une œuvre

mars 2010 ISBN : 978-2-296-11467-8

 

claude chalaguier,groupe signes,le croquant,une aussi longue étreinte avec le theâtre