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04 juillet 2022

Prochaine rencontre à Noirmoutier

 

 

Joie d'avoir été choisie par  Gaëlle JOSSE pour le prochain  duo de l'été  proposé par la librairie Trait d'union.

Jeudi 7 juillet à partir de 18h00 

https://librairietraitdunion.fr/storage/2022/07/Gae%CC%88...

 

 

Librairie-Café
Trait d’Union

1 bis, rue du Grand Four
(juste derrière le château)
85 330 Noirmoutier

Tél : 02 51 35 59 22

 

 

 

 

24 juin 2022

Prochaine rencontre à Saint Maur les Fossés

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Ravie de participer au Salon Saint Maur en poche  les 25 et 26 juin. 
avec la librairie La griffe noire.
Samedi  17h 
Rencontre  avec Laurent Petitmangin  .
Il sera question du roman social
avec Ce qu'il faut de nuit et Ils dansaient le dimanche



( animée par Jacqueline Petroz )

19 mai 2022

Prochaines rencontres à Caen

 

 

 

Epoque, festival et salon du livre - Caen

 

 

Samedi 22 mai

 

17h30 Débat


Les mondes tsiganes


Avec Paola Pigani (N’entre pas dans mon âme avec tes chaussures, Liana
Levi) et Adèle Sutre (Mondes tsiganes. Une histoire photographique,
1860-1980, Musée national de l’histoire de l’immigration/Actes Sud ;
Géopolitique des tsiganes, Le Cavalier bleu)
Animé par Marylène Carre, journaliste à Grand Format et à la revue
Michel.
« N’entre pas dans mon âme avec tes chaussures », dit le proverbe : on n’entre pas
impunément chez les Tsiganes, ni dans leur présent ni dans leur mémoire…
Pourtant, suite à une rencontre avec la communauté manouche de Charente,
Paola Pigani a su trouver les mots justes pour faire revivre la parole, la
douleur et la fierté de ces hommes et femmes qui, en 1940, considérés
comme dangereux par décret, furent enfermés dans le camp des Alliés
pour six longues années…
Les photographes de l’ouvrage Mondes tsiganes co-dirigé par Adèle Sutre,
eux, ont plus souvent participé depuis les années 1860 à la réverbération des
clichés envers les Bohémiens, Roms ou gens du voyage, et à la construction
d’une identité présentée comme différente et étrangère.
Durée : 1h15, suivi de dédicaces dans le hall.
L’exposition « Mondes tsiganes » sera visible
au Studio 24 le samedi 21 mai de 10h à 19h
et à l’hôtel de ville le dimanche 22 mai de 10h à 19h.
Studio 24, 24 rue de Bretagne

 

Dimanche 23 mai

 

10h Rencontre


Paola Pigani
Écrivaine (La Renouée aux oiseaux, finaliste du prix Apollinaire découverte, et La Chaise de Van
Gogh, La Boucherie Littéraire, Et ils dansaient le dimanche, Liana Levi).


Animée par Nadine Eghels, Textes et Voix.
Née en 1963 dans une famille d’immigrés italiens installée en Charente,
venue à l’écriture par la poésie, autrice de quatre romans, tous publiés chez
Liana Levi, Paola Pigani construit une œuvre à multiples facettes, sous le
signe de la générosité.
Avec Et ils dansaient le dimanche, où elle retrace le destin d’un groupe d’ouvrières
immigrées dans la banlieue lyonnaise des années 30, et le recueil de poésie
La Chaise de Van Gogh (éd. La Boucherie littéraire), Paola Pigani évoque une
nouvelle fois avec une force solaire l’exil, l’enfance, la famille et le travail.


Durée : 1h, suivie de dédicaces dans la salle.
Hôtel de ville, salle du réfectoire.

 

17h30 Débat


Vers la fin de l’hospitalité ?
Avec Fabienne Brugère et Guillaume Le
Blanc, philosophes (La Fin de l’hospitalité.
L’Europe, terre d’asile ? Champs Flammarion),
Camille Gourdeau, socio-anthropologue,
chercheure associée à l’URMIS - Université
de Paris, Affiliée à l’IC Migrations (Revue du
MAUSS, n°53, 2019, p.309-321), Nicolas Klotz,
cinéaste (Les Frontières brûlent, De l’incidence
éditeur/Arte éditions) et Paola Pigani,
romancière (Venus d’ailleurs, Liana Levi).
Animé par Arnaud Wassmer.
Deux philosophes, une chercheuse, un cinéaste
auteur de documentaires, une romancière. Cinq
regards croisés sur la question de l’exil, de
l’accueil de migrants à Ouistreham en passant
par la Jungle de Calais jusqu’au centre de
réfugiés caché dans les hangars de l’aéroport de
Tempelhof à Berlin, à Lampedusa, au Kosovo….
Toutes les civilisations anciennes s’accordaient
sur un point : faire de l’étranger un hôte.
Nous sommes en train de faire l’inverse, de
transformer l’hôte en étranger. Jusqu’à quand ?
Avec le témoignage de Shogofa Arwin, Raha
Sepehr et Maryam Yousefi.


Durée : 1h15 suivi de dédicaces dans le hall.
Cité-Théâtre, 28 rue de Bretagne.

18 mai 2022

Prochaine rencontre à Chambery

 

 

 

i35e Festival du premier roman de Chambéry - Du 12 mai 2022 09h00 au 22 mai  2022 19h00

 

et ils dansaient le dimanche, liana levi, festival du premier roman chambery,Danielle Maurel,Centre Hospitalier Spécialisé de Bassens,SOPHIE D'AUBREBY, SEDEF ECER, PAOLA PIGANI ,salariés des industries électriques et gazières, Isabelle Faure-Doudet,

 

Jeudi 19 mai

Cet hiver, les Lecteurs à Voix Haute ont animé des ateliers de lecture au Centre Hospitalier Spécialisé de Bassens autour du dernier roman de Paola Pigani, Et ils dansaient le dimanche (Liana Levi, 2021). La médiathèque et le CHS vous invitent à échanger avec l’autrice.

Rencontre animée par Danielle Maurel, en partenariat avec le Centre Hospitalier Spécialisé de Bassens

 

 Vendredi 20 mai

 

 

Ces trois autrices, par leur écriture caractéristiques, ont donné vie à des personnages de femmes ayant maîtrisé leur destin dans la turbine de l’histoire. Pour ces femmes, le désir d’exister sans entrave, contre toute domination masculine, familiale, religieuse, sociale, ou politique porte le sens de leur vie. Elles allient force et fragilité, individualisme et sens du collectif. Comment y parviennent-elles ? 

Débat animé par Danielle Maurel

 

 

12:30 | ENEDIS
 

Rencontre avec les salariés des industries électriques et gazières.

Rencontre animée par Isabelle Faure-Doudet

En partenariat avec la CMCAS Pays de Savoie et la CCAS – Caisse Centrale des Activités Sociales du personnel des Industries Electrique et Gazière

Rencontre non ouverte au public

 

 

28 janvier 2022

Prochaine rencontre dans la drôme

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Dans le cadre des cafés littéraires de Montélimar

 



 

30 novembre 2021

Et ils dansaient le samedi

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©paolapigani

 

 

 
Samedi 27 novembre, la compagnie du Chien jaune a donné de la voix à la mémoire ouvrière de Vaulx en Velin à travers l'usine Tase. Malgré une température de , plus de 200 visiteurs ont répondu présents sur toute la journée pour écouter des extraits de différents livres  et  témoignages  liés à la cité Gillet, chanter l'Internationale et Bella Ciao à pleins poumons , le rouge au cœur , le bleu ( de travail) en tête et danser au son du musette avec l'accordeonniste Gregory Chauchat.
 
Merci aux association Vive la Tase, Dans tous les sens, L'improbable, Silk me Back, Gregory Chauchat.

 

 

Voici un aperçu de la journée :

https://soundcloud.com/user-271442180/journee-theatralise...

 

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22 novembre 2021

Rendez-vous à l'usine

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Bambane à la TASE du 27 novembre 

 

Rendez-vous au 4 Allée du Textile le samedi à 10h ou à 14h pour une visite théâtralisée d'1h30 de l'usine TASE.

L’accès au Passage des Viscosiers sera fléché à la sortie du métro. Vous trouverez aussi dans ce mail un plan qui vous mènera au point de rendez-vous.  

Tout au long de la journée, en plus des visites guidées, nous vous proposons :

·        Un espace débat et lecture avec Paola Pigani

·        Un espace dédié aux livres, affiches et documents disponibles sur l’ensemble Cusset-TASE

·        Un espace vidéo pour découvrir les témoignages des sœurs Bozi et des sœurs Pérez, anciennes ouvrières de l’usine

 

Après la visite de l’après-midi, dès 16 heures, il vous sera proposé de partager avec les organisateurs de la journée un moment convivial avec soupe, vin chaud, fromage et gâteaux.

De plus, il vous sera possible d’assister à une performance de Grégory Chauchat, accordéoniste qui évoquera aux côtés de Paola Pigani les bals musette des années 1930.

Contrairement aux visites guidées, il vous sera demandé une petite participation pour couvrir les frais de la fin de la journée :

 

10€ minimum

20€ en soutien à l’action menée pour donner la parole aux viscosiers.

Le paiement ne peut être réalisé que par chèque ou liquide. 

 

03 octobre 2021

Prochaines rencontres en Rhône- Alpes

 

 

Mardi 5 octobre Librairie Les mots bleus à Fontaines-sur-Saône

13, rue Pierre Bouvier 

 

 http://librairielesmotsbleus.com/

 

 

Vendredi 8 octobre

 

Librairie des Marais à Villefranche-sur-Saône 19h

https://librairiedesmarais.com/evenements

132, rue de la République 

 

Samedi 9 octobre

 

Ma petite librairie à Bourgouin-Jallieu 18h-21h

 

 

10 ans de la librairie

 avec  Laurence Peyrin, Elisha Papillon, Paola Pigani 

 19h dédicaces 20h apéro dinatoire

2, place de la Halle 

https://mapetitelibrairie.wordpress.com/ 

Jeudi 14 octobre

 

Médiathèque de Privas avec la librairie Lafontaine 20h30

Lecture de La chaise de Van Gogh à l'Atelier 18h30

http://www.librairielafontaine.com/events.php?blid=2919#376169 

 

Samedi 16 octobre

 

Médiathèque de Morestel 11h-12h30

Musée de l’industrie Textile de Vienne,  rencontre organisée avec la librairie Lucioles 15h30-17h

https://www.librairielucioles.com/ 

Mardi 19 octobre

Librairie Les Cocottes rousses à la bibliothèque de Saint-Symphorien-D’Ozon 18h30

 

https://librairie-lescocottes.fr

Vendredi  29 octobre

Médiathèque du Chambon sur Lignon 18h30

Rue des Quatre saisons

Tel : 04 71 65 88 73

 

Samedi 30 octobre

Librairie de Paris à Saint-Étienne avec Valérie Paturaud 11h

 

https://www.librairiedeparis.com/

01 octobre 2021

Et ils dansaient le dimanche dans la presse

 

 

 

 

 

 

Entrer dans la danse , entrer dans la lutte .

Article de Sophie Joubert publié dans l'Humanité le 30 septembre 2021

et ils dansaient le dimanche, l'usine nouvelle, Christophe Bys, l'Humanité, Sophie Joubert,

 

Et ils dansaient le dimanche, ou la vie des ouvriers textiles lyonnais

Article de Christophe Bys publié dans l'Usine Nouvelle. 25 septembre 2021

Dans Et ils dansaient aussi le dimanche, Paola Pigani suit une jeune immigrée hongroise venue travailler dans une usine produisant de la viscose dans la banlieue lyonnaise. Ecrit à hauteur d'homme, le roman ressuscite à bas bruit des vies discrètes dans toutes leurs dimensions.  

A quoi pouvait bien rêver la jeune Szonja quand, à la fin des années 20, elle a quitté son village de Hongrie pour rejoindre la France industrielle d'alors ? C'est à ce destin singulier que s'intéresse la romancière et poète Paola Pigani pour son quatrième roman Et ils dansaient le dimanche.

Une femme dans l'Histoire

Szonja débarque à Lyon et rejoint bientôt la banlieue où avec les jeunes filles et jeunes hommes qui l'ont accompagné, elle va travailler à la Tase, une usine qui produit de la soie artificielle : la viscose. On est en 1929, mais la crise n'a pas encore touché l'économie française. L'usine tourne à plein régime et Szonja, qui a peut-être rêvé de la France, voit sa vie passer du périmètre de la campagne hongroise aux allers-retours entre l'usine où elle travaille, et le foyer de religieuses où elle vit.Tous les indices 

Szonja est une fille réservée, qui observe, analyse... Quand elle semble hésiter entre deux hommes, on sent bien que ce n'est pas le coeur qui décide, mais la raison. Le bonheur ce n'est pas pour elle, semble dire son comportement. Un peu de tranquillité et de sécurité semblent lui suffire.

Mais l'Histoire la rattrape. La crise de 1929 finit par faire sentir ses effets en France au début des années 30. Le risque d'un retour en Hongrie pointe. Il y a aussi les ouvriers italiens, à commencer par la proche amie de Szonja, qui ont fui le fascisme en Italie et qui doivent se défendre des accusations de communisme. Le Front populaire arrive, les grèves, mais aussi les luttes avec les ligues.

Ecrit au plus près

Et ils dansaient le dimanche est surtout un livre qui rend à ces personnes toute leur dignité en refusant toute grandiloquence ou effet d'écriture. Le roman est écrit au plus près de la vie de ces personnages, au plus près de leurs mouvements, de leurs sensations et leurs sentiments. La discrétion du style est un hommage à ces vies simples, mais sûrement pas minuscules. Jusqu'au joli titre, loin d'un misérabilisme d'écrivains parfois engagés qui, voulant faire de la littérature une affaire politique, alourdissent inutilement leur propos. Le roman n'oublie pas que c'est de vie dont il est ici question.

Malgré les douleurs, les défaites et les drames, la vie offre aussi des moments de joie où elle prend toute sa saveur. Comme le corps de Szonja enfin libéré des cadences des machines, qui découvre le plaisir de danser. « Seuls son front et ses joues trahissent son plaisir à se sentir pour la première fois légère ». En une phrase, tout est dit. Simplement et magnifiquement.

Et ils dansaient le dimanche, de Paola Pigani, Editions Liana Lévi

Pour en savoir plus sur l'usine Tase à Lyon, cliquez ici

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

22 septembre 2021

Szonja, chrysalide sur la route de la soie artificielle

 

À propos de Et ils dansaient le dimanche, de Paola Pigani1

Szonja, chrysalide sur la route de la soie artificielle

Dans ce roman empathique, Paola Pigani réussit avec grâce et « sororité » à restituer le combat pour son émancipation d’une jeune ouvrière hongroise au cœur de la France des années 1930.

« L’immense façade blanche s’étire encore sur une centaine de mètres, et l’enfilade de grandes baies vitrées impressionne toujours autant. Un gigantesque paquebot de trois étages posé dans cette zone de Vaulx-en-Velin en pleine réhabilitation. Désormais, seuls « l’allée du textile » et le surnom du quartier – « le quartier de la soie » - rappellent le passé ouvrier des lieux et le poids industriel que l’usine Tase a eus dans la région lyonnaise durant des décennies. » C’est en ces termes que Pierre Petitcolin débute son récent article paru dans L’Humanité, consacré au 8e des 10 lieux de la mémoire ouvrière2, une des séries estivales du quotidien. Et c’est précisément le cadre qu’a choisi Paola Pigani pour son nouveau roman Et ils dansaient le dimanche.
Il nous plonge durant sept ans - entre 1929 et 1936 - dans l’histoire de Szonja, jeune femme hongroise. Elle quitte son pays natal, les travaux champêtres et la misère auxquels elle est promise, dans un train de l’espoir bondé de jeunes en quête d’une autre vie. Szonja partage cette aventure avec sa cousine Márieka : « Tous suivront la voie tracée dit-on par MM. Gillet et Chatain. De bon patrons les attendent en France, convoitant depuis 1923 une main d’œuvre servile et bon marché, qui ont cru en l’avènement de la viscose, cette soie artificielle dont se vêtent déjà à bas prix toutes les femmes d’Europe, dont on va pouvoir fabriquer les meilleurs parachutes pour la prochaine guerre3 ». Dès la première page, le décor est ainsi planté : ce sera le complexe industriel de la Sase (Soie artificielle du Sud-Est) qui prendra le nom de Tase en 1935 (Textile artificiel du Sud-Est).

À leur arrivée à la gare de Lyon-Perrache, Szonja et Márieka sont prises en charge –.comme de nombreuses autres travailleuses qui ont émigré - par les sœurs du Très-Saint-Sauveur qui dirigent un foyer catholique, l’hôtel Jeanne-d’Arc. Une institution créée en 1926 par Mme Gillet elle-même, l’épouse du grand patron. C’est que ce patronat paternaliste veille à tout pour mieux contrôler ainsi cette vaste cité industrielle (elle comptera jusqu’à 3 000 salariés). Une sorte de phalanstère cosmopolite composé de main d’œuvre principalement polonaise, italienne, hongroise, espagnole et française : « Elles se retrouvent dans un bouillon de langues et d’accents avec l’impression d’être dans un pays neuf, fusant de mille histoires.4 » Le travail est très pénible, l’amplitude journalière interminable. La santé est altérée par la manipulation de substances chimiques dangereuses sans les protections nécessaires, et par l’atmosphère empoussiérée et saturée d’humidité. « L’été à l’usine, on soupire dans la chaleur, les mains irritées de poussière humide, étourdis par les émanations chimiques, la sueur en collier défait jusqu’à la poitrine. Le rythme du turbin augmente la peine, peine du travail, peine du soleil invisible.5 » 
Paola Pigani brosse par petites touches exemptes de misérabilisme et de manière très documentée le portrait de cette vie ouvrière avec sa main d’œuvre précaire, essentiellement immigrée. Au croisement permanent de l’Histoire sociale de la première moitié du XXe siècle et de l’histoire singulière d’une jeune Hongroise qui connaît aussi l’ennui des dimanches. « Aujourd’hui, Szonja regarde son petit dimanche s’égoutter à la fenêtre. » Un ennui perforé certains jours par les balades au-delà du quartier, au-delà même du château d’eau et des champs. Toujours plus loin, vers Villeurbanne ou Lyon que Szonja va s’autoriser à gagner au fil des années et de l’assurance conquise.

Car ce roman, c’est aussi et avant tout l’histoire d’une émancipation. La (re)naissance d’une jeune femme qui s’éveille à une conscience de classe et va participer aux luttes du milieu des années 30. Pour cela, la rencontre puis la proximité avec les ouvrières italiennes mieux organisées seront déterminantes. Face à la menace de la crise économique consécutive au krach boursier de 1929 et à celle des ligues factieuses (les répliques du 6 février 1934 ne sont pas oubliées), la lutte embrasse deux objectifs.
D’une part, se faire accepter par les ouvrières et ouvriers français –elle sera aidée par la rencontre de Jean qu’elle va épouser, ce qui lui permettra d’acquérir la nationalité française, même si cette union malheureuse sera une autre épreuve pour elle.
D’autre part, conquérir sa dignité d’ouvrière et dépasser sa solitude individuelle grâce à la solidarité au sein de la communauté de travail. À ce propos, l’effervescence des mois qui précédent le Front Populaire est propice aux luttes et l’usine Gillet connaîtra tous ces soubresauts, la solidarité organisée, les avancées sociales arrachées localement et amplifiées par les accords Matignon du 8 juin 1936.

Le roman s’achève dans un tour de valse effréné – la danse, comme métaphore de la liberté conquise et de la légèreté oublieuse des peines et du dur labeur. Il nous laisse imaginer une suite qui ne sera pas le Grand Soir au vu du cataclysme mondial en gestation. Cependant, Szonja sera sans doute mieux armée désormais pour affronter les pires épreuves.

Paola Pigani une fois encore sait nous rendre tout proches ses personnages, par une écriture fraternelle –« sororelle » – qui touche profondément. « En rêvant le personnage de Szonja, j’ai cherché à reconstituer la condition des viscosiers, dont on connaît peu de choses en définitive, loin des légendaires canuts de Lyon. Comme ma jeune Hongroise, j’ai posé le regard sur le quotidien de leur cité ouvrière.7» Un regard empli d’empathie pour ces gens de peu dont le combat afin de vivre debout et résister à tous les périls suscite le respect voire l’admiration.
Comment ne pas insister enfin sur la langue magnifique de Paola Pigani, une langue poétique8 qui transcende la condition modeste de Szonja et de ses camarades, et les métamorphose en héroïnes d’une épopée moderne. En exergue de son roman, l’auteure cite notamment Marina Tsvetaïeva9 :
« Mais la plus belle victoire sur le temps
et la pesanteur
c’est peut-être de passer
sans laisser de trace
de passer sans laisser d’ombre. »
En définitive, Paola Pigani n’a-t-elle pas réussi aussi la performance de nous permettre de discuter ces mots de la grande poétesse russe ?
                                                                                  Michel Laplace, 19-9-2021

1 Ėditions Liana Levi
2 Pierre Petitcolin, Quand l’usine Tase faisait la gloire de Vaulx-en-Velin, L’Humanité 11-8-2021
3 Paola Pigani, Et ils dansaient le dimanche p. 13, 4 p. 39, 5 p.172, 6 p 52
7 Document de présentation du roman, Ėd. Liana Levi
8 Paola Pigani est en effet romancière et nouvelliste… et poétesse
9 Marina Tsvetaïeva, Se faufiler, Insomnies et autres Poèmes, Après la Russie 

 

Un grand Merci à Michel Laplace pour cet article sensible et profond