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01 décembre 2019

Sans bagage

 

 

 

Tu t'imposes le vide, fermes les yeux

le quai de la gare s'emplit soudain 

de silhouettes fantômes

elles s'avancent vers toi

sans bagage

à peine vêtues de chagrin et d'ivresse

tu reconnais chacune d'entre elles

mais elles passent sous tes yeux

et regagnent leur nuit

bien au delà de ta mémoire

tu ne pourras jamais faire le vide

l'écriture commence là

dans les salines de ton regard

tourné vers l'intérieur. 

 

 

 

 

 

laurent LB 3.jpeg

©laurentlevybencheton

09 novembre 2019

Les oliviers d'Austerlitz

austerlitz.jpg

 

 

 

Il me demande si je veux bien qu'il me parle des planisphères. Il aime tant les  planisphères.

La carte du monde est dans mon cœur me dit-il.

Sur la bouche écorchée, le visage en tempête, je lis avec lui  des noms de pays, d'océans.

L'heure de mon train approche,  je le coupe dans son élan de voyageur chimérique.  

Et vous votre pays?

 La France... mais là je pars.

Où? 

Je ne sais pas,  j'ai 78 euros sur moi, pas tout à fait 80. 

Son corps tremble comme celui d'un nourrisson qui ne peut pas moduler sa température interne. 

Je lui propose un café. 

Non merci,

 Je ne demande rien moi.

Je ne suis pas un looser.

Je ne suis pas un looser. 

Sur le parvis de la gare d'Austerlitz, je regarde  les oliviers dans leur grand pot en plastique et cet homme qui  ne sait où aller.

Rien de plus triste aujourd'hui que ces déracinés.

 

 

gare d'austerlitz

 

15:56 Écrit par Paola Pigani dans Poésie, Voyage | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : gare d'austerlitz | |

02 novembre 2019

Toussaint

toussaint,jim harrison

 

©gillesvugliano

 

 

 

On n'attend pas des morts qu'ils partent mais qu'ils s'estompent et laissent une trace qu'on puisse les voir sur une colline distante, de l'autre côté de la rivière.

Jim Harrison 

11:27 Écrit par Paola Pigani dans Poésie, Voyage | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : toussaint, jim harrison, vugliano | |

21 octobre 2019

Lontananza

aube.jpg

 

 

 

 Chiunque tu sia: è sera, esci dalla tua stanza,
dove tutto ti è noto ;
la tua casa è l'ultima prima della lontananza:
chiunque tu sia.
Con gli occhi che si staccano a fatica,
stanco, dalla soglia consunta,
sollevi con lentezza un albero nero
e lo metti, slanciato e solo, contro il cielo.
E hai fatto il mondo.E il mondo è grande,
come una parola che ancora matura nel silenzio.
E appena il tuo volere ne comprende il senso,
i tuoi occhi lo lasciano con dolcezza...


Rainer Maria Rilke

 

16:32 Écrit par Paola Pigani dans Poésie, Voyage | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : rilke, retraite d'écriture | |

01 octobre 2019

Des orties et des hommes à Pont l'Evéque

C'est agréable de recevoir le premier prix de la Ville de Pont l'Evéque au milieu de gens si sympathiques ...

Un grand merci à la municipalité et à l'équipe de Lire à Pont l'Evêque (en particulier Elisabeth et Cécile Belna), pour l'accueil formidable de ses bénévoles , les lectures, les échanges, le pommeau.

Merci au ciel de Normandie, à ses douceurs d'ardoise et de crème fouettée.

 

20190929_151555 (1).jpg

 

 

 

JLL_9036.jpgLire à Pont l'évéqueIMG_1327.JPG

 

©jl Leclercq

22 septembre 2019

Partance

06:02 Écrit par Paola Pigani dans Musique, Voyage | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : olafur arnalds, fok | |

30 août 2019

Nos dessous

 

 

Des voyages manqués comme ces barges

serties de glace

échouées dans un méandre de la Pripiat

nos rivières nos frontières  nos dessous de volcan

 l'humanité amère racle les fonds

 

 

 

 

 

 

10:48 Écrit par Paola Pigani dans Poésie, Voyage | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tchernobyl | |

13 août 2019

Premier été sans elle 2

L'hélichryse

m'envoie ses baisers

de sel et de curry

je marche

l'ocean jusqu'aux cuisses

jusqu'au nombril

mi-terrestre mi- maritime

petite lame entre l'air et l'eau

ventre à la ligne

10:47 Écrit par Paola Pigani dans Poésie, Voyage | Lien permanent | Commentaires (0) | |

09 août 2019

A tant recoudre ses filets

cabanes.jpg

 

 

les cabanes de pécheurs 

pourquoi ont elles un toit ?

pourquoi la pluie  sur ces planches quand l'océan est à leurs pieds?

A tant recoudre ses filets

le vieil homme a laissé ses doigts faire le reste

modeler des oiseaux de patience avec des graines  du papier maché

quatre euros la créature

et gratuit le sourire à claire voie 

09:06 Écrit par Paola Pigani dans Poésie, Voyage | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : ria formosa | |

07 août 2019

Rio Gilão

Ria formosa

 

 

l'onde sur le rio Gilão n'efface pas le reflet de la grue

ni  celui des nuages  

tu ne te verras pas sombrer ni t'élever dans ces eaux là

seule cette femme reste immobile le temps d'appartenir au vieux pont

aux facades blanchies d'été

où  sont épinglées des  images pieuses, santa Luzia, santo Gio

des mouches emmélées  aux prières

à la dentelle des rideaux    

dans l'ajour du grand âge

08:43 Écrit par Paola Pigani dans Poésie, Voyage | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : ria formosa | |