Guillevic 2016linoines la renouée aux oiseaux

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12 août 2018

Débarqués

Deux barques.jpg

 

je regardais ces barques sans doute inutiles au voyage

nous étions pareillement envasés dans une réalité sans fond

11:23 Écrit par Paola Pigani dans Voyage | Lien permanent | Commentaires (0)

10 août 2018

Là-bas

 

On ne sait comment éteindre ce qui brûle entre nos pages, nos rires, nos insomnies. On chante, on pleure, on finit par oublier  ce qui dévaste dans la solitude des chambres quand  l'écriture  tarit notre  confiance. Alors, On va se perdre dans la foret, scruter les éboulis, les falaises. La rivière est si discrète qu'on la traverse à pieds. Son message glacé nous le déplions plus loin sous les sapins. Je m'accroupis pour cueillir des fraises des bois, secrètes comme les perles d'un collier cassé. Dans la nuit, je suis la seule à fumer sous les étoiles et me faire un manteau d'été de cette voie lactée. En refermant la porte sur un chien tendre, je dis merci au vin de soif comme au vin de joie, à la guitare bleue, aux chauves souris à tout ce qui s'est enlacé à mes chevilles, à mon cou, les ronces , les orties, aux frous frous des nuits.

 

 

 

 

13:32 Écrit par Paola Pigani | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : chantier d'écriture, ardèche, nuit des étoiles

09 août 2018

Le sourire fou de notre siècle

J'ai pris une voiture, traversé l'Arno, et la campagne toscane s'est ouverte jusqu’au sanctuaire de la Verna. J'ai roulé pendant deux heures à travers les collines du Casentino en pensant à la situation en Italie.Je me répétais cette question de Giorgio Agamben: " de quoi les Italiens ont-ils honte?" .

Je pensais: ils traversent la mort du politique avec le sourire fou de notre siècle.Je  pensais à la dévastation culturelle qui accompagne toujours la corruption politique. Je pensais au ravage des corps où s’effacent désormais les gestes.Je pensais au sourire fou des Italiens qui tentent d'oublier leur honte en se prenant pour des victimes.

Au volant de la voiture, je répétais lentement cette phrase: traverser la mort du politique avec le sourire fou de notre siècle. Au fond , me disais-je, les Italiens font une expérience qui n'est pas seulement italienne , mais mondiale. C'est dans le monde entier qu'on traverse aujourd'hui la mort du politique avec un sourire fou.

 

Yannick Haenel Je cherche l'Italie

 

 

Yannick haenel,

11:02 Écrit par Paola Pigani dans Des livres | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : yannick haenel, ischia