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15 mars 2017

Venus d'ailleurs

 

Où il est question de Venus d'ailleurs paru en poche en mars dans la collection de poche Piccolo des éditions Liana Levi.

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La librairie de l'Express 15 mars 2017

VENUS D'AILLEURS PAR PAOLA PIGANI. LIANA LEVI/PICCOLO, 176 p., 8,50 €.VENUS D'AILLEURS PAR PAULA PIGANI. LIANA LEVI/PICCOLO, 176 p., 8,50 €.

 

Née de parents italiens émigrés en Charente. Enfant, Paola Pigani dévorait Rimbaud, Cocteau, Rilke. Elle a voyagé. Beaucoup. Il lui en est resté des étoiles noires et des soleils bleus au bout de l'imaginaire : des recueils de poèmes en ont surgi, puis un premier roman, N'entre pas dans mon âme avec tes chaussures. Venus d'ailleurs est son deuxième. Pour conter l'odyssée de deux réfugiés kosovars échoués à Lyon au début des années 2000, elle trempe ses mots dans la nostalgie d'un passé titubant désormais sous la terreur. Agite le carillon d'une joie enfantine, tintinnabulant soudain à la sortie d'un labyrinthe de paperasses. Ecoute tomber la pluie amère dans le coeur du sombre Mirko, entend palpiter l'espoir d'un avenir possible dans le français alambiqué de la lumineuse Simona. Mirko et Simona, un frère et une soeur rescapés d'un cauchemar, des étrangers invisibles parmi d'autres, accrochés en nous par la grâce d'une écrivaine qui chante l'exil dans une langue sublime.

S. B

 

 

 

                                        venusd'ailleurspic-express (1)

09:54 Écrit par Paola Pigani | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : venus d'ailleurs, liana levi

14 mars 2017

Les chantiers du silence

 

 

Je m’appelle José, je m’appelle Moktar

Je m’appelle Lino, je m’appelle Mirko

Aujourd’hui, j’ai laissé mes chaussures de chantier sur un trottoir

Je suis parti pieds nus à la recherche de Molière.

 

 

 

 

Clause Molière, Thierry Metz, erri De Luca, Cavanna©paolapigani

 

 

 

 

Ceci n’est pas un poème

 

 

La clause Molière voudrait éviter le recours abusif aux travailleurs détachés.

Qui fera la ronde sur les chantiers ?Des vigiles blanchis, des fonctionnaires ? Pour dénoncer  qui ?Les chefs d’entreprises du BTP ?Les ouvriers ?Le français devient-il une nouvelle frontière, un mur de la honte que ne doivent plus franchir les travailleurs des Balkans , du Maghreb, de l’Europe entière, les travailleurs pas chers,  qui ont  assuré la santé du BTP depuis des décennies pour ne pas dire  un siècle ?

le port du casque est obligatoire

le port des chaussures de chantier est obligatoire

le port du gilet de sécurité est obligatoire

Le port de la langue Française est obligatoire

Le port des papiers est obligatoire

Faudra-t-il avoir aussi des mains blanches ?

Faudra-t-il faire preuve de transparence ?

Faudra-t-il finir pas être muet ?

N’avoir qu’un corps

Bouche cousue et langue des signes

Travailleurs détachés quelle est cette langue essoufflée, technocratique qui use de tels mots  pour désigner ceux qui depuis des lustres ont bâti les cités, les hôpitaux, les universités  et continueront, venus de toute part à monter des murs, des barrages, des usines, des prisons ?

Les travailleurs immigrés des trente glorieuses sont devenus travailleurs détachés depuis peu, bientôt on fondra leur identité même  dans une nouvelle expression, exécuteurs patentés, reconnus aptes au français, reconnus aptes à exécuter leurs tâches, reconnus aptes à ne rien dire.

Les maçons de la Creuse , les italiens, les arabes ,les portugais  les polonais les français avec leur argot, n’ont-ils  coulé que leur force et leur fatigue dans le ciment, le mortier , la boue des chantiers ?

De quoi étaient - ils détachés, eux ?De la guerre , de la misère, de l'économie de marché ?

N’ont - ils pas injecté dans la langue de Molière ce qu’il faut pour qu’elle ne meurt pas d’anémie :  le patois, l’argot, la langue des soupirs, de la colère, les jurons, la poésie , une langue qui rit ,qui gueule, qui a recours à la langue du pays pour résister à toutes fatigues et toutes  les humiliations ?

Audiberti, Cavana, Thierry Metz , Erri De Luca et tant d’autres  l’ont entendu cette langue des chantiers, ils l’ont portée, l’ont secouée, l’ont rendue car elle témoigne de le vitalité de notre langue à tous .

 

 

Tu sais que toujours

 

un parmi nous

 

s'absente

 

pour habiter sa clarté

 

sa langue

 

poète ou manœuvre

 

convives d'un mot

 

illuminé

 

 

Thierry Metz

Journal d'un manoeuvre

 

 

 

Clause Molière, Thierry Metz, erri De Luca, CavannaThierry Metz

15:44 Écrit par Paola Pigani dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : clause molière, thierry metz, erri de luca, cavanna

10 mars 2017

Amico

  

Giani Esposito.jpg

 

 Je crois que le jour baissait 

et je me suis surpris

par crainte du futur

à nommer les ombres

Giani Esposito 

 

 

13:18 Écrit par Paola Pigani dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : giani esposito