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02 septembre 2017

Le ciel de septembre

 

 

contemple le ciel pâle de septembre

et relis encore et toujours cette page de Tchekhov

où glisse comme un nuage lent

la tendresse confuse et mélancolique

garde-toi de pleurer (car tu pleures

en pensée seulement tu pleures comme

passe le nuage impalpable entre les

croisillons de ta fenêtre étroite) regarde

le jour bleu pâle de septembre et regrette

ce jour c'est un très ancien jour

d'un très ancien passé de douceur

de misère de détresse de vague espoir

de solitude à peine douloureuse, va

laisse aller le regret vers le ciel de septembre

 

Jean-Claude Pirotte  Faubourg  Editions Le temps qu'il fait

 

07:37 Écrit par Paola Pigani dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : jean- claude pirotte, editions le temps qu'il fait | |

18 juillet 2017

Le sang des autres

 

 

 

 

Nous nous penchons un peu sur le vide qui nous sépare. Il fonce sur moi, et moi je baisse la tête comme pour qu’il s’y troue. Nous nous soudons encore une fois. Je lève ma lame.

J’attrape un tel coup dans le flanc que la haine me reprend et d’une détente je lui entaille le poignet.

Son sang jaillit. Ma tête tourne et je tombe.

Ils sont partis.

Je n’ai d’autre envie que de me coucher.

Je me traine jusqu’à mon wagon. Je m’étends sur la banquette.

Ma chaussure est mouillée de sang. Je me sens mouillé du côté douloureux.

Je relève la chemise déchirée et trouve la blessure : c’est une fente rouge avec des bords blanchâtres. Le sang coule dans le creux de la hanche, mes mains ne peuvent plus le retenir. Il est beau, il est précieux, et il s’en va.

Et je m’émerveille que de moi qui ai mangé tant de vase, bu tant de pluie, mâché tant de nourritures grises, sorte une substance si rouge.

J’éprouve un contentement grave, parce que quelque chose va commencer pour moi, parce que maintenant je vais vivre ou mourir, et que ce sera également nouveau.

Luc Dietrich  L’apprentissage de la ville

18:45 Écrit par Paola Pigani dans Des livres | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : luc dietrich, editions le temps qu'il fait | |

14 janvier 2017

Poésie nomade

 

 

 

 

 

Suite à une rencontre des plus chaleureuses à la Maison de la Poésie de Poitiers le 3 décembre dernier , où j'ai été accueillie  entre autres par les poètes  Jean Claude Martin, Pierre Rosin , Christine Sergent , j'ai plaisir à partager cet article et quelques uns de mes  textes traduits en arabe par Rabiha Al Baidhawe:

 

 

 

http://www.iraqiwomensleague.com/mod.php?mod=news&mod...

 

 

Un grand merci à elle ainsi qu'à ceux qui ont fait cette soirée inoubliable! 

 

 Rencontrer à cette occasion Georges Bonnet en son très bel âge restera pour moi un des  souvenirs les plus émouvants de 2016;

frère de lait de Guillevic, ami de Daniel Reynaud, il a sur la poésie d'aujourd'hui un regard lucide .

Juste avant la nuit , son dernier recueil publié par Le temps qu'il fait m'aide à traverser l'hiver.

 

Le vent dans les taillis

le sentier

le dit autrement

 

Le silence

dans son mouvement

d'étreindre

 

Savoir enfin

ce qui oblige

le tournant

 

Georges Bonnet Juste avant la nuit

 

 

 

 

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17 septembre 2016

Un très ancien passé de douceur

 

 

 

contemple le ciel pâle de septembre

et relis encore et toujours cette page de Tchekhov

où glisse comme un nuage lent

la tendresse confuse et mélancolique

garde-toi de pleurer (car tu pleures

en pensée seulement tu pleures comme

passe le nuage impalpable entre les

croisillons de ta fenêtre étroite) regarde

le jour bleu pâle de septembre et regrette

ce jour c'est un très ancien jour

d'un très ancien passé de douceur

de misère de détresse de vague espoir

de solitude à peine douloureuse, va

laisse aller le regret vers le ciel de septembre

 

Jean-Claude Pirotte  Faubourg  Editions Le temps qu'il fait

 

 

20:39 Écrit par Paola Pigani dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : pirotte, editions le temps qu'il fait | |