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03 juin 2014

Prochaines rencontres à Jarnac, Saint Yriex, Ruelle, Angoulême

 

 

 

 

 

Je serai présente au festival littératures métisses à Angoulême

du 6 au 9 juin .

Le programme détaillé est accessible grace au lien ci-dessus.

 

Avant le festival:

Mercredi 4 juin - 18h15

Rencontre tout public à la médiathèque de Jarnac

animée par Georges Monti

 

Jeudi 5 juin - 14h30 

Partenariat avec Djala Michto rencontres tsiganes

(CS Les Alliers, CSCS Amicale Laïque, Mairie de Saint Yriex)

Rencontre scolaire au collège de Saint Yriex

18h30

Rencontre tout public à la médiathèque Saint Yriex

animée par Bernard Magnier

Commentaires

Dire merci? Au nom de quoi ou de qui n’étant pas moi même voyageur.
Parler du style et du ton qui traitent avec délicatesse et respect cette mémoire, ce peuple et les individus qui la composent ? D'autres l'on fait bien mieux que je ne pourrai le faire.
Ne rien dire ? Impensable tellement ce roman donne de visibilité à cette histoire dans l’Histoire.
Rien que sur l’agglomération d’Angoulême plusieurs centaines de personnes ont découvert par les présentations de ton roman l’histoire de l’internement des tsiganes, avant ces littératures métisses. Après ton marathon de rencontres, on ne les compte plus…

Parler de cette remarque de Miguel lors de présentation à la MCL en 2013 ?
« Si on se retrouvait dans le même contexte aujourd’hui, ce serait pareil pour nous, on rouvrirait les camps direct ». Est ce vrai ? Nul ne peut le dire, en tout cas persiste le sentiment pour des voyageurs qu’ils risquent toujours le même traitement d’une administration française dont ils se méfient à l’extrême.
Une chose recule cependant, l’ignorance de cette période. Et ça tu en es désormais un peu responsable !

Ou bien, parler de cette question lancinante évoqué par Gérard Meudal, pourquoi jusqu’en juin 1946 ?
Je rejoins ce que tu as répondu, on ne sait pas. Tu te questionnais sur le fait que des sociologues et des historiens avaient sûrement des réponses ou hypothèses. Je n’ai rien entendu de vraiment convaincant sur le sujet.

Comment expliquer que le père de Mady Erb après s’être évadé du camps fin 44 et avoir été enrôlé dans les forces de libération, soit démobilisé fin 45 pour conduite inappropriée (il aurait cassé une jeep…) et ait du se présenter pour être de nouveau interné en décembre 1945 ce qui devait être le seul moyen de retrouver sa famille ? Comment expliquer que le camps ait été tenu par les FFI à la libération d’Angoulême en août 1944 ? Comment expliquer que le carnet de circulation descendant du carnet anthropométrique soit toujours en cours malgré de nombreuses propositions d’abrogations ? (L’internement se faisait sur la base de la détention de ce carnet !).

Je pense qu’il s’agit d’une question très profonde liée à l’acceptation de la différence de mode de vie et à la volonté collective d’uniformisation de ceux ci.
Les juifs ont répondu à cette question en créant un territoire qui leur confère une nation. Pour les tsiganes il en va tout autrement. Ils se revendiquent d’une nationalité, française en l’occurrence mais ailleurs allemands, italiens, espagnols etc. et tout se passe comme si ces nations ne voulaient pas d’eux, en tout cas pas tant qu’ils portent une identité qui intègre des références au nomadisme.
Les tsiganes seraient ils la dernière colonie française ? Ils sont chez eux mais ne vivent pas comme nous pensons qu’il est bon de vivre au 21 ème siècle. Et pour leur bien on leur explique à longueur d’années et de décennies qu’ils doivent se conformer au mode de vie prétendument majoritaire.
Pour leur bien et pour la sécurité de tous…
Car ces préjugés de la prétendue dangerosité de cette population et de la délinquance qui serait inhérente à ces groupes ont la peau dure. Je pense pour ma part tout comme Raphaël Pillosio que le fichage systématique depuis 1912, l’internement en 1914, puis en 1940, le contrôle à l’entrée et à la sortie de chaque village jusqu’en 1969, et la poursuite du fichage actuel avec les titres de circulation entretiennent cette suspicion. Cela génère au sein de l’administration une quasi culture de la suspicion à l’égard des désormais gens du voyage. Pourquoi autant de moyens s’ils n’étaient pas dangereux ? Cette idée diffuse toujours aujourd’hui renforcée par la ségrégation spatiale à leur égard.

Ainsi les moyens entérinent les présupposés et l’ostracisme s’auto alimente.

Je vois pour ma part en ce mécanisme l’explication du maintien du camps de concentration des Alliers jusqu’en juin 1946.

Face à l’indicible et l’absence de témoignage, il est de la liberté du romancier d’inventer ce qui a pu se passer, de trouver les voies qui permettront d’entrer dans la connaissance et la compréhension te questionnait Bernard Magnier.

Tu as fait cette part du chemin, il est donc de notre responsabilité de citoyens (voyageurs ou non) de nous saisir de l’élan que tu as redonné à cette réflexion et tenter de répondre à ces trois questions fondamentales : Pourquoi jusqu’en juin 1946 ? Comment faire pour que cela ne se reproduise jamais ? Comment faire ensuite pour que les voyageurs trouvent la confiance ?

Et donc je ne te remercie pas car la responsabilité est lourde et la tâche ardue. Mais pas question de s’y soustraire !
Ensemble, tissons les liens qui libèrent.

Écrit par : S Coudret | 10 juin 2014

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