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04 décembre 2015

Au bruit de l'invasion des barbares

 

 

 

 

 

 

Il n'y a pas que les  années quarante, le maquis dans les sapins sous le bon pépé Pétain, gris comme en ce temps de mauvais pain. Juges sévères toujours jugeant qui vous croyez seuls à l'abri, n'y aurait-il pas d'autres bêtes fécondes qui vous rongent un peu sous les côtes, et qui seraient à vos couleurs? Ah mitraillettes, bombes, stylos, fières assassins cachés dans la danse des mots, chacun a ses raisons de l'imposer son " Non". Tant de brisés qu'on étouffe dans l'eau sale des seaux. L'avancée dans les souffrances. Le chrétien porte sa croix, l'Allemand l'ombre rouge de l'Histoire qu'on lui pointe entre les yeux. On a ses maudits, on a ses héros. Celui-là son Guevara. Celui-ci son Trotski. Et l'autre son Baudelaire. Autre temps, autres masques noirs, autres cimetières qui se lèvent aux frontières. Que de résistants, que de résistances, que de mortelles transes! Que d'hommes qui se dressent et se mettent en travers! D'entre nous, qui va mourir, qui restera sur la photo?

Chateaubriand, si brillant, un matin rue du Bac l'avait déjà remarqué:" J'écris, comme les derniers Romains, au bruit de l'invasion des Barbares "Etrange: moi aussi, dans mon plus petit réduit.

 

 Jean Perol

16:36 Écrit par Paola Pigani | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : jean perol

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