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14 août 2017

La confédération paysanne fête ses 30 ans en Charente

 

 

 

Dans ma Charente natale où les paysans travailleurs ont été très actifs dans les années 70, aura lieu du 18 au 20 août la fête d'anniversaire des 30 ans de la Confédération paysanne  sur la commune d'Alloue ♣ à quelques kilomètres de Cellefrouin où j'ai grandi.

Le programme est ici

 

 

♣ Alloue viendrait du mot gaulois alauda signifiant alouette.

 

" En 1973, Yves Manguy participe à la création des Paysans travailleurs en Charente. En 1987, suite à des assises paysannes qu’il coanime, il se retrouve porte-parole d’un nouveau syndicat fédérant les Paysans travailleurs et la Fédération nationale des syndicats paysans: la Confédération paysanne. Il ne voulait l’être qu’un an, il l’a été deux. Yves Manguy est de tous les combats contre le productivisme, contre la mainmise de l’industrie sur les semences. En 2008, il fait partie des 30 paysans, avec José Bové, qui font la grève de la faim à Paris contre le maïs OGM. "Le défi des trente prochaines années? Celui de la terre. Il va falloir trouver le moyen de mettre fin à la spéculation." Une nouvelle lutte dans laquelle il s’engouffre déjà.( La Charente Libre  le 14 août 2017).

Son frère Félix  ami de mon père Lino Pigani a été très actif également  sur la commune de Cellefrouin . Je  le remercie pour sa générosité et son amitié indéfectible envers notre famille.

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                      les casternauds.jpg©paolapigani

28 juillet 2017

Portes de l'enfance

©paolapigani

 

 

 

 

 

 

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  • J'apprends l'effort, le puits, la colline et le thym.
  • Le vent et les bêtes sauvages coulent devant ma porte. Le feu de bois exige un très long souffle humain.

Luc Bérimont

 

 

 

20:45 Écrit par Paola Pigani | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cellefrouin, les casternauds, luc bérimont | |

13 juillet 2012

Maison Natale

 

Maison natale, j’arpente à mon tour ce lieu profond et exigu, ce lieu qui fut mien, ces frontières tremblantes entre l’intime et l’inconnu, ce lieu où rien ne s’efface, où les objets se dédoublent, porteurs de plusieurs vies. Les murs, les meubles qui s’useront à vouloir s’éterniser, qui s’éterniseront à vouloir retenir, alourdir, punir le pas de qui n’ose vivre au delà. Et pourtant… Maison natale où le monde pénètre un jour à la faveur d’un inconnu, voûté au parler épais comme les mogettes confites dans leur jus d’ail et de tomates, qui fera trembler les murs pour la première fois, où le monde pénètre un jour à la faveur d’un orage qui fera pleurer le ciel sous la porte, où le monde pénètre un jour à la faveur d’une première neige, où le seuil enseveli donnera l’illusion d’un tapis volant posé là pour le premier voyage. Maison natale. Peut-être n’est-elle en lieu sûr que dans ma mémoire à présent et pourtant, encore là-bas, encore ailleurs parce que se sont échappées d’elle plusieurs enfances. Elle, la maison sur le sol, la maison sur la terre, la maison sur la France, la maison ouverte un jour à des étrangers sans destin. Qu’a-t-elle porté, qu’a-t-elle embrasé ?Un homme, une femme tenant chacun la poignée d’une malle en bois, quelques draps brodés, des vêtements et  la pauvre étoffe des rêves qu’on ne déclare pas à la douane , le ciel de là-bas, les voix en allées, les moissons futures, les enfants à venir…Maison nerveuse et mouvante, flamme nous léchant le visage et les mains après chaque chagrin, après chaque défaite. Maison vertébrée, maison osseuse et pourtant ventre de la baleine. Maison à tu et à toi avec tous les visiteurs. Maison désordonnée et fébrile comme l’amour. Maison de baraqui, sol de ciment, âpre aux pieds nus des enfants, eau chaude à inventer, carreaux fêlés parfois, murs penchés. Maison fardée de suie et de jasmin à la fenêtre. Maison bossue et bienheureuse. Je ne me revois pas entrer pour la première fois, j’y suis née ou presque. Je n’ai pu qu’en sortir un jour, un instant sur le seuil. L’orage latent, le ciel obscur s’étaient emparés de moi jusqu’au frisson. J’avais sept ans, je me suis assise devant la porte, j’ai attendu, respiré ce dehors qui se révélait soudain non pas comme une délivrance mais une espérance. Ailleurs qui fait trembler les cheveux, les épaules. Ailleurs qui fait tendre les paumes à l’eau du ciel. Et dans le sang, dans la gorge ce lait donné, jamais repris de l’enfance première, de l’enfance derrière, dans le dos, d’où vient la chaleur. Maison  où tout pouvait pénétrer, le vent, le froid, les bêtes, les gens de passage, lumière et misère aussi parfois. Mystérieuse maison fragile de deux siècles. Aucun incendie, aucune tempête pas même celle de 1983, ni celle de 1999, n’auront eu raison d’elle. Elle est restée loyale avec notre mémoire, non pas close, à l’abandon, mais en attente. De loin en loin, nous lui rendons visite, nommons les capucines invisibles sur le muret derrière le puits, la couleur oubliée des volets lavés par les pluies, nous écrasons le nez contre la petite fenêtre, tentons d’apercevoir l’escalier, la cheminée, la peau des murs, le vide, l’enfance nue.


Paola Pigani

 

 

 

13:03 Écrit par Paola Pigani | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cellefrouin, les casternauds | |