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06 août 2015

Le monde?

Elle est rentrée de sa nage nocturne, moi je ne suis pas descendu en mer.

Comment fais-tu pour sauter les vagues avec ce poids en plus dans ton ventre?

La vie qui est en moi me pousse à sauter. A terre, elle m'alourdit, en mer elle me donne de l'élan.

Aucun corps humain au monde ne sait courir sur les vagues, toi seule y parviens.

Le monde? Elle regarde le ciel dégagé et dit: celui-là?

Le monde pour elle n'est pas l’Asie en face, l'Europe derrière, avec le reste d'océans et de terres.

C'est celui qui enveloppe la nuit, la mer, de petits points de lumière qui montent de l'horizon. La peau d'Irène est couverte de fins poils jaunes, une couche de fleurs de genêts. Son odeur est salée, comme un bateau de pêche.Son nez se plisse pour mieux sentir et ses taches de rousseur couleur de prune se froncent tout autour.

Les yeux d’Irène ne me voient pas. Je suis dans son champs de vision et elle me traverse. Elle ne m'exclut pas, mais son regard ne fixe rien.

 

Erri De Luca Histoire d'Irène Editions Gallimard

14:58 Écrit par Paola Pigani dans Livre, Poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : erri de luca, histoire d'irène

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