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15 mars 2018

Perfusions poétiques suite

 

 

 

 

Hier j’ai été invitée dans une résidence de seniors pour animer une rencontre dans le cadre du magnifique printemps des poètes. Avec Fabienne, l’animatrice, nous avions  eu auparavant  quelques  échanges pour imaginer ce moment. J’avais  envoyé des textes de Hölderlin, Paz, Andrade, Reverdy pensant avec mes  stupides scrupules pédagogiques que les résidents  allaient pouvoir s’imprégner de ces textes, en parler entre eux, échanger des impressions, des émotions.  On m’a vite fait savoir qu’ils n’aimaient pas du tout ces textes et préféraient des poètes d’avant comme Victor Hugo ou Lamartine. Pour moi qui ai surtout navigué avec Rimbaud, Baudelaire, Cendrars, Artaud, leurs poètes d’avant étaient restés planqués depuis fort longtemps dans mon vieux Lagarde et Michard. Je ne suis pas diplômée en lettres, je ne sais pas dispenser de savoir. Je sais tout juste transmettre ce que j’aime mais je leur ai  lu un extrait des Contemplations, j’ai lu Le  Lac dont certains en connaissaient de longs passages  par cœur. Et doucement, nous sommes entrés dans cette langue d’avant. Des portes se sont ouvertes sur un souvenir de noyade dans ce fameux lac du Bourget, sur un souvenir de lettre  cachée dans une coquille de noix envoyée dans un colis à l’amoureux prisonnier des allemands. Sur chaque palier de la mémoire la poésie ressurgissait comme Le dormeur du val, des vers portés pendant plusieurs décennies.

Une femme a fredonné Trenet, Brassens. Nous étions déjà revenus au XX ème siècle. Une autre femme s’est souvenue du bruit terrible de l’œuf cassé sur un comptoir d’étain, une autre de son père qui avait connu Apollinaire dans les tranchées de 1914- 18 .  Finalement, ils ont aimé que je leur lise un extrait de Zone du même Apollinaire puis des textes de Jean-Claude Pirotte, de Dominique Sampiero. Et ils ont aimé que je leur lise un de mes poèmes d’amour.

J’allais repartir  avec tous nos   frissons entre les roses, la poésie ressurgie du fond de leur bel âge, de leurs yeux, la poésie aux lèvres mais juste avant de prendre mon blouson, mon sac, mon bouquet, une femme s’est avancée vers moi, m’a avoué d’une  voix chuchotée que la poésie, elle l’avait trouvée, elle, dans les psaumes et  qu’ici, elle cachait sa foi (Dans toute communauté humaine existent de vraies solitudes). Je lui ai  parlé du cantique des cantiques, des poèmes qui sont des prières, des prières qui sont des poèmes. Ses petits yeux humides ont acquiescé et nous avons serré nos quatre mains en riant.

 

Merci à ces résidents ouverts à tous les vents, à la vieillesse tendre, à Fabienne et Marion animatrices de cet Ehpad, à Frédéric Merme de l’Espace Pandora de m’avoir donné à vivre  une telle rencontre.

Et le magnifique printemps continue ici et là.

 

 

 

 

 

 

 

Hommes de l’avenir, souvenez-vous de nous !

POUR SALUER GUILLAUME APOLLINAIRE

Auteurs : Collectif

collection :

date de parution 02/2018

ISBN : 978-2-84562-318-7

168 p. / Ill. / 14 x 20,5 cm / 12 €

Hommes de l’avenir, souvenez-vous de nous ! Une anthologie pour saluerGuillaume Apollinaire.
« Hommes de l’avenir, souvenez-vous de moi... », s’exclame Guillaume Apollinaire dans « Vendémiaire », le poème qui clôt son recueilAlcools, paru en 1913. Cinq ans plus tard, le poète disparaissait à trente-huit ans, terrassé par... la grippe espagnole, le 9 novembre 1918, deux jours avant l’armistice qui mettait fin à la Première Guerre mondiale.
Pour aider à « se souvenir », à travers l’auteur de Calligrammes, des dix millions de victimes de la Grande Guerre, le présent ouvrage réunit, dans la diversité de leurs voix, onze poètes ou écrivains de notre temps. Et regroupe aussi, outre le texte du spectacle créé à l’occasion de ce centenaire, une vingtaine de dessins dus à de jeunes artistes, qui ont aujourd’hui l’âge qu’avaient la plupart des combattants de 14-18.

SAMANTHA BARENDSON • GABRIEL BELMONTE • ALAIN FISETTE • ALAIN FREIXE • ALBANE GELLÉ • AHMED KALOUAZ • MICHEL KNEUBÜHLER • EMMANUEL MERLE • RAPHAËL MONTICELLI • PAOLA PIGANI • FRANCIS PORNON • JEAN ROUAUD

Autant de contributions pour redire avec un autre grand poète du 20e siècle, Jacques Prévert : « Quelle connerie la guerre ! ». Et quel précieux bienfait que la paix...

Une vingtaine de dessins choisis parmi ceux réalisés, sous la houlette de leur enseignant, Dominique Simon, par cent quarante – oui, cent quarante ! – étudiants de l’École Émile-Cohl illustre cet ouvrage.

Cet ouvrage est publié à l’occasion du Centenaire de la Paix (Ville de Lyon), du Magnifique Printemps 2018 et en écho à la Polyphonie poétique créée par le Théâtre des Marronniers.

 

 

23 janvier 2018

Prochaine rencontre dans la Drôme

 

 

Vendredi 24 janvier

18h30  

 

 

MEDIATHEQUE Jacques et Aimé Bertrand

5 bis rue Victor Hugo 

26140 ANNEYRON

 

Médiathèque d'Anneyron, venus d'ailleurs, paola pigani

11:45 Écrit par Paola Pigani dans Agenda | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : médiathèque d'anneyron, venus d'ailleurs, paola pigani | |

16 novembre 2017

Prochaines rencontres en Gresivaudan

 

 

Les 17 et 18 novembre, j''aurai le plaisir de participer avec  Coline Picaud et Jérôme Ruillier à plusieurs rencontres dans le cadre de la manifestation Ecrivains en Gresivaudan

 

 

Ecrivains en grésivaudan

07 novembre 2017

Prochaine rencontre à Mornant

 

 

Le weekend prochain,

je participerai  au salon  Parlons Livres  à Mornant en compagnie de

 Jean Pierre Andrevon, Maryse Vuillermet, Jean-Yves Loude ...Etc

 

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05 octobre 2017

Prochaine rencontre à Meyzieu

 

 

 

Vendredi 6 octobre à Meyzieu

La librairie Colibris  m'invite à 19h15

pour parler de mes derniers romans N'entre pas dans mon âme avec tes chaussures et Venus d'ailleurs  (et peut-être de ceux à venir...)

 

 

 

13:49 Écrit par Paola Pigani dans Agenda, Des livres | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : librairie colibris, meyzieu, paola pigani, liana levi | |

01 octobre 2017

Prochaines rencontres à Lyon

 

 

 

Dans le cadre du festival Paroles ambulantes 

 

En résonance avec la biennale Hors Norme

 

Lundi 2 octobre

A la manufacture des tabacs

6 rue Rollet 

69008 Lyon

 

Rencontre à la bibliothèque universitaire 18h30

 

 

Mercredi 3 octobre  

Avec Rodolph Hammadi  de 12h à 14h

 

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Des fantômes s’amusaient à fendre l’air

Et le noir du sommeil

Ils dansaient avec mes peurs

Je n’ai jamais bien dormi

Je me levais la nuit  pour chasser les étoiles

Parfois, je surprenais un cerf

On buvait l’eau de la même  flaque

Je rentrais à l’aube

Je déposais mon butin sur un drap blanc

On m‘avait dit que plus tard  je retrouverai leur clarté

Qu’il me fallait vivre

Encore longtemps

Ne rien espérer ( ...)

 

Paola Pigani

Extrait du texte inédit librement inspiré des créations de RH Le guerrier des songes

 

Jeudi 5 octobre

 

 Avec Michel Fernandez et François Gallix

Théâtre sous le Caillou à 20h

Lecture musicale Lumières du sud

 

Santa Margherita

 

Les bagni Hélius sont fermés pour l’hiver

Deux enfants jouent avec un bidon

Une branche de bois flotté

 

Deux enfants jouent à partir

 

Des vêtements  sèchent

  Avec leur sel

Plaqués contre des barques vides

 

Des hommes aimeraient rester sur ce rivage

Cette peau douce de l’Europe

 

Paola Pigani

 

 

 

19 septembre 2017

Arythmie

 

 

 

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Les mathématiques dessèchent le cœur 

 

Gustave Flaubert

 

 

 

 

 

Dans la mer unie

Patienter

 

Le jour dur à gagner

 

Cargos sans joie où vacillent

Des hommes des femmes

Un sac en plastic un enfant

Serré contre le cœur

 

Cargos sans joie

Avant la division

Dans les barques

La mer plus forte

Ventre prêt à rompre

 

Avant d’être des corps

Avant de naitre

Que des corps

 Avant d’être passés à la chaux de l’oubli

Repoussés par la mer

Epousés par la mer

Blanchis de trop de sel

De trop d’espoir

 

Faut-il rager contre la mer 

Contre la terre ?

Quelle  est celle qui  vous a portés

Plus loin ?

Vous en plein horizon

Ombres et corps à charrier

Ombres avant les corps

Ombre commune et indivisible

Sur terre

Sous l’eau

A faire chavirer toutes les certitudes

Etre d’un pays ?

 Etre d’une frontière ?

Qui lacère le sommeil

Et les rêves

Etre d’une frontière qui entre dans la peau

Etre d’une frontière qui écorche

L’idée même de l’homme

Lacère les mots d’ordre

De vivre et

D’aimer

 

Une poignée de sel

Jetée

Aux yeux de qui voulait croire

Au chemin qui va

Aux yeux de qui

Voulait croire

Aux sentes dans le sable

Aux louves pleines de lait

Sur l’autre versant de la nuit

Etre d’une frontière qui saigne les mots

Egalité fraternité humanité

 

Vous avez roulé les images pieuses

Entre les billets

Dans une seule chemise

Vous avez roulé

Un pan de ciel et d’amertume

Entre les sourates et la lettre en français

Pour se présenter sans rougir sans balbutier

Je Vous

Entre toi et moi croire

Que parler c’est exister

Dans ta langue

Dans la mienne

Sans guerre ni paix

 

Rivages perdus

Terre et mer

Tout se confond

Dans l’utopie et la rage

Le lieu de vous n’existe plus

La rage n’existe plus

Sauf l’écume aux lèvres mortes

Aujourd’hui a ses morsures

Vos yeux voilés de sel

Vos peaux gonflées ne sont rien

Toi Vous Ils

De ta gorge à ta peau

Ni guerre ni paix

Lampés par la nuit 

A Lampedusa le 3 octobre 2013.

 

 

Texte publié dans la revue Bacchanales 

 

20:02 Écrit par Paola Pigani dans Poésie, Voyage | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : migrants, flaubert, bacchanales, paola pigani | |

06 septembre 2017

Six pieds sous terre la poésie

 

 

A l'entrée du parking Bellecour - Lyon presqu'ïle

 

une fresque réalisée par Manon Molesti durant le printemps des poètes en 2014

 

Extrait  d'un poème d'Indovina éditions la Passe du vent

 

Biolay, Manon Molesti, Indovina, Paola Pigani, La passe du vent, lyon bellecour

 

 

 

 

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05 juin 2017

Segovia

 

 

 

Je suis descendue vers le pont de Segovia 

il m'a fallu marcher encore

Atteindre les quais de granit

Me pencher sur une ombre de fleuve

Mangée par des herbes

Des langues de sable

Les quais étaient déserts

le soleil bien trop haut pour y croire

Il m'a fallu  sonder cette désolation

pour me souvenir du poète 

Qui portait le même  nom que ce lieu

alors  j'ai su pourquoi j'étais venue jusque là

 

J’ai regardé les hommes 

Défaire des échafaudages devant le teatro real

Jouer du matin

Avec des cordes usées

S’interpellant quand même

Dans le bleu frais et l'aluminium

Un peintre dans sa nacelle

Attaquait au noir la délicatesse d'un réverbère

Les rues sentaient l'homme ivre

L’alcali

Des ouvriers du bâtiment jetaient en riant

Des vieilles planches dans une benne

J’ai regardé la poussière de leurs gestes heureux 

20:09 Écrit par Paola Pigani dans Poésie, Voyage | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : segovia, paola pigani, madrid | |

01 juin 2017

Madrid et ses fantômes

C'est une ville moins solaire qu'on l'imagine , redécouverte ces jours derniers...

 

 

Vitrine fantôme Madrid.jpg

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madrid

madrid

madrid

madrid©paolapigani

Madrid et ses fantômes

fantôme de Franco

fantômes des companieros assassinés en 1977

fantômes de femmes battues à mort

fantômes de vendeurs africains en fuite avec leur baluchon à l’approche e de la Policia

fantômes de murs

fantôme de fleuve 

20:25 Écrit par Paola Pigani dans Poésie, Voyage | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : madrid, paola pigani | |