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08 mai 2018

Mère

 

 

 

 

estelle fenzy, la Boucherie littéraire

 

 

Sous sa couverture rouge cerise , entre des pages d’un jaune profond et lumineux,découvrez  Mère d'Estelle Fenzy, un  très beau texte à la fois limpide et coupant comme la glace qui dit l'incandescence et l'effroi de la maternité. Une poésie du vif, de l’ardent qui va au-delà de la chair de la mère pour fouiller dans les tréfonds de l’amour, toutes les menaces, les évidences tendres, le plein de l'être et de l'avoir mêlé à l'idée de la peur, de la perte.

Pas de  joliesses dans la phrase. Tout est pesé, clarifié par la force de la parole poétique qui ne s’effraie pas d’un cœur de mère.

Mon cœur bat à rebours.

A tant les caresser les lignes de mes mains se sont creusées.

Les ailes, les plumes, le chant tendre encore. Plus loin pour les inflexions les plus douces.

Etre toute leur vie. Pas pour toujours.

Je suis mère. Je tremble.

 

Devant les rues à traverse, les marches d’escalier, les bouts de verre cassés.  Là où ça coupe, pique, brûle.

Lorsqu’un danger cogne sans bruit sur le doux mur du ventre, moi seule je l’entends.

Il ne faut pas me confondre.

Ni moi, ni ma chair inquiète. Mes frémissements ne sont pas ceux de l’autre amour. Seul le péril me vacille.

Je suis une femme qui tremble.

Je suis mère.

15:04 Écrit par Paola Pigani dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : estelle fenzy, la boucherie littéraire

07 mars 2017

Un ticket pour la nuit

 

En mars les nuits sont encore fraiches mais le printemps des poètes dure un peu.

J'ai entre les mains un recueil à couverture noire : Nuit grave  le titre est glacé comme un biscuit au café

et je m'offre un ticket pour la nuit

j'enfile une veste, je vais voir ailleurs si j'y suis

il suffit de laisser les choses se faire, d'oublier les berceuses

 Dans ce petit opus, il est question de lumière, pas de  celle qu'on trouve dans les beaux poèmes remisés en anthologie de poésie française, non, il est question de lumière électrique, notre seul bien commun.

On collectionne les veilleuses

on a peur mais on ne veut pas que ça se sache

même si cela se voit

Entre les murs, il y a la musique, le bruit des autres, des draps sans qualité

 un  somnambule dans la pièce

 et c'est mon frère

Il est  aussi question  de chacun de nous, d'un tunnel qui cache bien plus qu'un tunnel. Même les rues changent de nom où des chevaux cavalent. Mais rassurez-vous, vous serez riche à l'aurore.

 

quand sait-on que c'est la nuit?

quand on ne sait plus s'il faut sauver sa peau

ou

s'apprêter à en changer?

quand on plie notre ancienne

peau

qu'on la laisse reposer sur un valet

et que l'on ferme la porte de la chambre

pour empêcher le chat de venir griffer

ce qui pend?

 

Lisez ou relisez Frédérick Houdaer

Je suis jalouse de ses titres (engeances, engelures, angiomes, pardon my french, fire notice...etc)  et je garde certains de ses poèmes comme des tickets de caisse. Je ne les vérifie jamais mais ils attestent de morceaux de vie réelle.