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11 mars 2019

Lecture croisée

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L’association Dans Tous Les Sens accueille Paola Pigani et Joël Bastard pour une rencontre dans le cadre du festival Magnifique Printemps organisé par l’Espace Pandora.

 

 

19h

Brasserie de l'Hotel de Ville 

Vaulx en Velin 

19 octobre 2017

Voyage à 1.80 euro

voyage à 1.70 cerisaie.jpg©paolapigani

 

 

 

Je marche dans ce que j’écris

Joël Bastard

 

20:23 Écrit par Paola Pigani | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : la cerisaie, croix rousse, joël bastard | |

09 mai 2017

Et toutes les serrures obscures

 

DSC_0128.JPG©paolapigani

 

 

 

Je dois dire à mon père qui ne m’entend pas, profitons-en ! Il fait

froid en cet endroit de la terre. De la grêle et du vent. Je m’en sors

mal avec le corps infini des femmes. Je t’attends sur le banc que je

suis entrain de construire. Un peu de repos ensemble ne nous fera

pas de mal. Le ciel est noir, plein de frissons, et c’est le tien pour

toujours ici. Tu en connais les clefs brûlantes de lumière et toutes

les serrures obscures.

Joël Bastard, Une cuisine en Bretagne,
éditions LansKine, 2016.


10:01 Écrit par Paola Pigani dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : joël bastard | |

24 septembre 2016

Casaluna

 

 

 

J'écris depuis toujours. Depuis cette pierre close. Je me trompe. Depuis  la pierre  me suis  trompé avec l'eau et vos syllabes  dorées. J'écris depuis cet instant-là. De  l’œil penché et de votre corps. Aveuglée pierre close.

J'écris  du miroir  des  pierres  closes. Du  grand orgue béant de roses même de bleus le ciel. Là dessus. Miroir de toutes choses qui renvoie nulle part  de soi. Nous  empêche de voir la  rose. Son lilas d'autres  fleurs. L'éclat  de la mort  prochaine sur les lèvres de la mère qui nous indispose.

Il  n'y a  rien  dans  ce  tombeau. Ni  dans  cette manche  que je tiens  de toi. Les dents  serrées dans l'expression. Sur cet os à ronger. Ce stylo.

 

Casaluna, Joël Bastard, Gallimard 

12:45 Écrit par Paola Pigani dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : joël bastard, casaluna | |

06 octobre 2015

Le pont Mathurine

Formule: la frontière c'est comme un pas en avant. On marche dedans et on ne le sait même pas!

Minaret: La frontière...C'est l'entrée du village.

Peccadille: Ah non!La frontière, c'est la sortie du village.

Edredine: Est-ce la philosophie?

Minaret: C'est l'ironie!

Peccadille: C'est la porte de l'église et la plaque d'égout.

Giboyeu: C'est l'envers du décor, de l'autre côté de la vieille peau!

Formule: C'est le front ridé des tentures rouges.

 

Le pont Mathurine. Joël bastard Editions Lanskine

14:50 Écrit par Paola Pigani | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : joel bastard, editions lanskine | |

12 septembre 2012

...encombrés de bonheur et de disparitions...

 

 

 

Souvent. Nous ne gardons en mémoire qu’un courant d’air sur une place vide, l’écaille d’une peinture dans une chambre, en voyage. Une imperfection dans un paysage, comme cette tôle debout et qui blesse un figuier. Lorsque le désir pour une femme a été si dense nous pouvons nous souvenir du regard porté sur une pierre, sur un buisson ou sur la bouche bleue d’une fenêtre plus que de son corps. Ou alors une partie de son corps comme une aile de nez. Le voile de ses yeux. L’ombre courte d’une hanche. L’odeur de son intimité. Phéromone lorsque tu nous tiens ! Nous pouvons reconnaître un escalier dans une ville étrangère par son odeur désagréable et en éprouver du plaisir alors que la soirée pour laquelle nous l’empruntions est tombée dans l’oubli avec ses convives. Souvent une fraicheur matinale nous revient de corse, de Rome. Un ciel soufré new-yorkais. Le glacé d’une rivière dans le Jura. Maintenant les pieds nus d’une femme sur une chaise au Mali. Un cadavre de blaireau dans un bois à Bergerac après l’enterrement d’un parent. Une tache de vin étoilée sur un mur et l’enfance apeurée, plaquée dans le coin d’une cuisine en région parisienne. Une pleine lune en Anjou et le bruit d’une femme qui se retourne dans son lit, dans la chambre d’à côté. Nous gardons imprimée dans nos sens la pièce que nous n’avons pas donnée à une vieille mendiante souriante gare du nord à Paris. Un baiser sans suite dans l’adolescence à Genève .Nous ne  nous débarrasserons pas, jamais, de certains petits compliments comme de certaines petites injures, anodines pourtant, les yeux rivés sur une plaque d’égout. Par les yeux nous gardons mémoire de ce monde. Par les reins et le nez. Par le sexe bandé nous gardons mémoire de certains feuillages et de foins coupés. De ventres tourmentés. Par la peau, le vent et l’eau, les doigts de la mère, d’un ami, d’une femme. Nous allons encombrés de bonheur et de disparitions. Nous devenons des êtres à part entière, impulsion électrique, dans le cerveau d’un autre. Mémoire de l’homme. Nous participons de l’addition.

 

Joël Bastard  Derrière le fleuve

 

18:03 Écrit par Paola Pigani | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : joël bastard | |