Guillevic 2016linoines la renouée aux oiseaux UA-98678848-1

Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

28 novembre 2012

Dans ma ville

Copie de Photo0687.jpg

 

 

Ils sont deux

Serrés dans un fou rire

Aux dernières loges du bus

Je ne dirai rien de leurs visages

Rien de leurs vêtements

Tout pourrait tomber à l’instant de leur rire

Sur le plancher du bus

Leurs peaux leurs cheveux

Ne resterait que le geste du garçon

Une plume d’oiseau entre les doigts

Et ces mots vers moi

« Vous la voulez ? »

Tenir jusqu’au terminus

La flamme de ces deux là

Entre mes mains


Paola Pigani

 

14:38 Écrit par Paola Pigani | Lien permanent | Commentaires (0) | |

26 novembre 2012

Les papillons de nuit

 

 

 

Le noir d’une parole écrite

contient toutes les couleurs, dont le bleu.

 

Le noir d’une parole écrite

contient le bleu sans fond d’une parole non dite.

 

 

Le monde s’écrit

dans les arrêts du temps.

 

 

Un mot fait autant de bruit

que la somme de ses lettres.

 

Écrire c’est parler avec

la bouche en dedans.

 

La bouche aussi

tout au fond des yeux.

 

Parler c’est comme écrire

mais sans rien dans les mains.


Patrick Dubost


Extrait du texte inédit Les papillons de nuit


Avec l'aimable autorisation de l'auteur.

14:24 Écrit par Paola Pigani | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : patrick dubost | |

25 novembre 2012

La nuit tombée

 

 

...Je me souviens du premier jour, continue Iakov comme si Gouri n’avait rien dit. On nous a emmenés dans un champ vers ces coins-là, prés du village de Tchestoganivka. On était une douzaine, peut-être un peu plus. Le chef a expliqué ce qu’on avait à faire. Il a dit, et je te jure que c’est exactement ce qu’il a dit : les gars, on va enterrer ce champ. On l’a regardé sans comprendre, et il a répété les mêmes mots. Enterrer le champ. Alors ce qu’il faut faire, a fini par demander l’un d’entre nous, c’est ne plus ni moins qu’enterrer la terre. Et le chef a dit que c’était exactement çà. Enterrer la terre. Autrement dit, enlever la couche supérieure du champ et l’enfouir profondément. Et après, répandre partout, à la place du sable de dolomie, un truc d’un blanc  tel que tu te serais cru sur la lune...

 

Antoine Choplin La nuit tombée

Edition La Fosse aux Ours. Aout 2012

Je ne connais pas Pierre-Jean Balzan. Depuis plus de 10 ans les livres admirables de Mario Rigoni Stern et d'Antoine Choplin sont passés entre mes mains puis ceux de Philippe Fusaro, de Fabienne Swiatly.

Je ne sais si Monsieur Balzan a un flair d'ours mais  nous pouvons nous enorgueillir d'avoir à Lyon un éditeur capital .


14:24 Écrit par Paola Pigani dans Des livres | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : pierre-jean balzan, fosse aux ours, antoine choplin | |

14 novembre 2012

Giani Esposito

18:49 Écrit par Paola Pigani | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : giano esposito | |

13 novembre 2012

Cabaret poétique dimanche 18 novembre

 

 

le périscope,l'indic,maison de la poésie rhône-alpes,deadwood,mazen maarouf,levent beskardes,ariane dreyfus,edith azam,luisa campanile,danielle fournier,maram al-masri

 

C'est bientôt : le prochain cabaret poètique animé par Frédérick Houdaer en collaboration avec la CIMADE,

je lirai quelques textes accompagnée du poète et musicien Grégoire Damon.

 

 

Ma ville parfois a des absences

Samedi dimanche et jours fériés

Ma ville toutes paupières baissées

Où l’eau des fontaines bégaie

Ma ville où je ne suis jamais née

 Où je n’ai rencontré aucun seigneur

Ma ville et ses grappes d’encre

A cueillir les nuits sans étoiles

Quand rien ne chante

Ma ville passible de tous les vents

Où des hommes pissent dans la rue

Errent tête nue dans les parfums d’avril

Ma ville qui porte  parfois l’étoffe de ténèbres

Frontière invisible entre le printemps et les Balkans

Toutes griffes arrachées

Petit peuple aux mains tues

Ma ville qui prend la fièvre

Dans le métro à Bellecour

Sur les doigts sales d’une gamine en fichu

Ma ville où vos deux noms

Flottent sur ce jour d’avril

Marianna Simona

Brûlées vives dans une caravane

A Surville au milieu des vôtres

Roms enfantés dans la promesse d’un voyage

Long comme une rivière

Ne plus être nomade c’est mourir

Dans ce ressac de Lyon

Où déposer vos cendres

Vos chants d’amour et d’ailleurs ?

Ce dimanche 4 avril

Les lilas seuls portent le jour


Paola Pigani

 

 

08:27 Écrit par Paola Pigani | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cabaret poètique, lyon, houdaer, damon, cimade, rroms | |

12 novembre 2012

Evaristo

 

 

 

 

Ce qui soulève la terre et les astres

Cette aube dans le ciel déchiré

Ce feu qui prend aux chimères

Ne crains pas cette lumière qui t’étreint

Dépose ta coupe pleine

Entre l’effroi et la beauté

Ami tu n’as rien perdu de la vie

Quitte à présent la floraison des ténèbres

Va d’un pas égal

Entre ton enfance de berger et le grand horizon pâle

Où tu as ta demeure

Dépose une poignée d’amandes et d’olives

Tes leçons de l’exil

Toi qui réfugié demandais des espadrilles

Pour traverser l’innommable

Tu n’es plus à présent l’étranger de personne

 

 Paola Pigani

Publié dans Le Croquant n°61 2009


18:49 Écrit par Paola Pigani | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : evaristo, le croquant | |

07 novembre 2012

Le vol arrêté

22:16 Écrit par Paola Pigani | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : prucnal, le vol arrêté | |