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23 avril 2020

Chevelures du temps

chevelure du temps.jpg

©paolapigani

 

 

 

Nos cheveux s'éclaircissent 

Racines aussi visibles que solitudes

Sur notre nuque , nos épaules

Nous vieillissons dans une alternance

De jours et de nuits sans suite

N'avons plus qu'à en découdre

Avec nous-mêmes

Le monde échevelé à nos portes closes

 

 

 

paola pigani

 

 

06:59 Écrit par Paola Pigani dans Poésie, Un printemps inexorable | Lien permanent | Commentaires (0)

19 avril 2020

In attesa

fenêtre d'hiver.jpg

 

 

 

je voudrais une robe couleur d'iris 

et sur le seuil d'un jour

prochain

accueillir le vent.

 

 

©paolapigani

 

 

 

 

 

 

 

Je vous souhaite un printemps inexorable.

 

Pabo Neruda

15:20 Écrit par Paola Pigani dans Poésie, Un printemps inexorable | Lien permanent | Commentaires (0)

16 avril 2020

Ma closerie

carafe.jpg

©paolapigani

 

 

 

 

 

Depuis ces premiers jours de liberté conditionnelle ordonnés par l'état

Je prélève chaque jour, de mes allers-retours sous les arbres  une tige de lierre sauvage, les dépose dans des carafes, flacons, verres

Une douce lumière vient se mêler à l'eau claire où survivent les petits lierres

Dans ma closerie végétale, je ne compte plus les jours mais les petites racines qui renaissent et se hissent dans la transparence des heures

 

©paolapigani

 

 

 

Je vous souhaite un printemps inexorable.

 

Pablo Neruda

 

 

14:52 Écrit par Paola Pigani dans Poésie, Un printemps inexorable | Lien permanent | Commentaires (0)

13 avril 2020

Quitter la cuirasse du temps

lierre.jpg

©paolapigani

 

 

 

 

S’arrêter devant le soleil

Après la chute ou le réveil


Quitter la cuirasse du temps


Se reposer sur un nuage blanc


Et boire au cristal transparent


De l’air


De la lumière


Un rayon sur le bord du verre


Ma main déçue n’attrape rien


Enfin tout seul j’aurai vécu


Jusqu’au dernier matin



Sans qu’un mot m’indiquât quel fut le bon chemin

 

 

Pierre Reverdy

 

 

16:35 Écrit par Paola Pigani dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : pierre reverdy

12 avril 2020

Noeuds

 

N  oeuds Lili Frik.jpg

 

 

 

On a hissé des grilles

autour de l'enfant

De ces  ombres croisées 

 s'écoule parfois

Le bleu du temps arrêté

Et du pistil de sa bouche

Le sirop de la nuit

Ses rêves laissent

Au petit matin

un peu de salive

 dans son cou

Des heures durant il joue

avec des cristaux de sel

Marche tout doucement

sur les noeuds racinés 

de sa cour intérieure

 

 

©paolapigani

 

 

 

03:55 Écrit par Paola Pigani dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : lili frik, noeuds

10 avril 2020

Se parler aux fenêtres

 

 

Se parler  à travers des écrans

Se parler aux fenêtres

Ne pas oublier

Des œillets en bottes au rebord

S'intriquent aux nerfs à vifs

 Les dénouent

 

Des voix dans la rue

Ni le soleil ni la vie  ne sont moindres

Des portières claquent

La tige de lierre tombée du vent dimanche

Dans un pot de terre

A  présent se hisse

Nos petites vies entre feuilles sèches et feuilles reverdies.

 

©paolapigani

 

 

 

Je vous souhaite un printemps inexorable.

Pablo Neruda

 

 

14:36 Écrit par Paola Pigani dans Poésie, Un printemps inexorable | Lien permanent | Commentaires (0)

09 avril 2020

De plus longue durée

ombres végétales.jpg

 

 

 

 

C’est ici que sont mes feuilles les plus frêles mais de plus longue durée

     cependant,

C’est ici que j’ombrage et abrite mes pensées, ne les découvrant pas moi –

     même,

Mais les laissant me découvrir bien davantage que le reste de mes poèmes.

 

Walt Whitmann

 

16:44 Écrit par Paola Pigani dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : feuillets d'herbe, walt whitmann

04 avril 2020

Et toujours les oiseaux

14:20 Écrit par Paola Pigani dans Musique, Poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : pomme, les oiseaux

03 avril 2020

A tire d'Aile

a tire d'aile Georges Braque.jpg

 

Mon terrier n'est pas loin d'une volière géante

Les oiseaux prennent le dessus

Je le sens bien

Un bec  est venu déchirer à l'aube

Le rêve de cette  nuit

J'étais une ortie bleue

Parmi d'autres

Serrées sous le vent

Nous étions des milliers

Au ras des prés

Autour de nous

Des ruines de maisons inconnues

Des serpes, des paniers vides

Jetés dans les fossés

Plus loin des briquets-tempête, des montres à gousset

Plus loin encore des Smartphones, des cannettes de soda, des masques antiviraux

À mon réveil, j'ai trouvé mes draps tachés d'herbe écrasée et troués de soleil

Je les ai portés à ma fenêtre

Les ai agités, claqués et  tendus au dessus de ma rue

Un merle  s'est épris de mon ciel un peu froissé

L'a traversé jusqu'à toucher ma bouche

Un baiser d'oiseau

Pour croire à demain

 

©paolapigani

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02 avril 2020

L'âme du monde est en travaux

 

Oiseau grue.jpg

 

 

Ralentir

Silence

L'âme du monde est en travaux

Sous des bâches antivirales

Nos portes se ferment

Des plaies sociales s'ouvrent

Quelque chose se creuse en nous

Ne devenons pas  des cavités

Où tomberait l'amer

Qui pourrait germer

Proliférer plus vite que le corona mondial

 

Nous ne pouvons plus nous égarer

Ni sous le couvert des morts

Ni dans nos villes

Ni sur nos chemins de traverse

Mais l'errance perdure dans les mots

Pour  chercher les paroles de demain

Il nous faut à présent invoquer

Les mots du bâtir et du respir

Les oiseaux chantent plus fort

Nous avons sur la peau

Dans la brume de nos souffles

Dans les nœuds de nos gorges

L'empreinte de  nos  frères humains

Tous invisiblement touchés

Par une vérité commune

 

Dans les variations du temps

Nous marchons d'un pas toujours inégal

Apprises dans  les poèmes

A l'envers à l'endroit

Avons   perdu le sens de l'orientation

 Dans  nos solitudes nouvelles

 

 Nos  rues  ne s'ouvrent plus que  sous une pluie

 De  pétales et de silence

La lune envoie des invitations aux  somnambules

Pour qu'ils découvrent l'ombre des arbres

Même en pleine nuit

 

Les poètes ne donnent pas de mots d'ordre

À jeter dans les fragments des heures  volées à notre élan

Mais la vois- tu déjà  cette lumière du soir

Filer comme une gueuse entre les grues immobiles

Et venir lécher nos   terriers ?

De ces très-fonds renaîtront d'autres  forces

 Bientôt nous partirons

Vêtus seulement de nous mêmes

 Nous marcherons  dans le petit lait de l'aube

Nous retrouverons la beauté où nous l'avons laissée.

 

 

 

©paolapigani