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24 août 2017

Labours urbains

 

 

 

labours urbains.jpg©paolapigani

 

 

 

Je regardais cette béance à ma fenêtre
De minables labours urbains

Où plus rien ne respirait 


Les gravats avaient été raclés 


Pendant des jours, l'excavatrice avait rugi

Renvoyant une poussière putride

À la barbe du soleil et des badauds 

Qui traînaient leur misère d'yeux

Sur ce chantier d'été

Comme eux j'avais  reçu de la poussière 

 Dans les poumons et sur la peau
On avait partagé les mêmes ruines

 La même vacance


Fichée sur un cadavre aplati

 La peur de ce qui allait pousser là

Entre le souvenir de l'arbre

Et le rêve d'une tour de quinze étages

Un gros cœur battait déjà dans le plein midi translucide


Demain il y aurait trop de fenêtres où se pencher 

 

11:46 Écrit par Paola Pigani dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : villeurbanne, chantier d'été

17 août 2017

Température estimée aujourd'hui à Lyon 33 degrés

 

 

 

recherche chambre froide

peinte à la chaux ou à l'oubli

si possible avec fenêtres  à deux vantaux

115/125/135 x 100 ou 120 cm

pour voir venir le bel automne

 

10:45 Écrit par Paola Pigani dans Musique, Poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : balmorhéa, lyon

13 août 2017

Des ordres chiffrés

 

 

 

 

 

 

Ce qu’il avait voulu toujours exprimer, voulu traduire d’ailleurs s’était dérobé à son approche. Il avait menti, il pouvait choisir ses mots avec une patience inlassable, les interroger sur leur sens caché, tous le trahissaient. Et l’horizon reculait sans cesse à travers le brouillard de la chaleur.

Mais il accepta cette preuve de faiblesse avec joie, presque. Il fallait qu’il en fût ainsi ; il devait ne jamais atteindre ce qu’il cherchait pour ne pas oublier qu’il avait à le définir : dans ce défaut même tenait la raison de son effort vers un savoir perdu.

(…)

Il haussa les épaules, alluma une cigarette, regarda la rue où chaque passant emportait avec lui, sans le savoir, des ordres chiffrés pour un destinataire inconnu.

Des ordres chiffrés dont quelques uns seulement, parmi des millions, rejoindraient ceux qui les attendaient. Comme l’avait rejoint lui, l’odeur des framboises révélant ce présent définitivement acquis sous la fuite apparente des saisons.

André Hardellet  La cité Montgol

 

 

 

hardellet©doisneau

 

18:16 Écrit par Paola Pigani dans Livre, Poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : hardellet, doisneau