10 juillet 2020
Sans bagage

Tu t'imposes le vide, ferme les yeux
Le quai de la gare s'emplit soudain
De silhouettes fantômes
Elles s'avancent vers toi
Sans bagage
À peine vêtues de chagrin et d'ivresse
Tu reconnais chacune d'entre elles
Mais elles passent sous tes yeux
Et regagnent leur nuit
Bien au delà de ta mémoire
Tu ne pourras jamais faire le vide
L'écriture commence là
Dans les salines de ton regard
Tourné vers l'intérieur.
©paolapigani
09:51 Écrit par Paola Pigani dans Poésie, Voyage | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : trains fantômes, gare de culoz
29 juin 2020
Sport de rue

©paolapigani
J'ai joué à la marelle
À perdre haleine
Mais aujourd'hui le ciel est bien trop loin
J'ai essayé d'y lancer mon palet en vain
Un agent m'a verbalisée
Fin du périmètre de l'enfance
14:06 Écrit par Paola Pigani dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (0)
23 juin 2020
Je vis avec lenteur

Je retranche mon enfance de ma vie
Mes premiers pas brodés d’herbe
Mes jeux dociles
Je vis avec lenteur.
René Guy Cadou
05:12 Écrit par Paola Pigani dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : rené guy cadou, poésie la vie entière
21 juin 2020
Tant de lignes droites

Parfois tu te demandes
Comment tient le ciel
Et si l'homme n'a pas inventé
Tant de lignes droites
Pour contrer cette invasion de bleu
Qui nous met le coeur
Au bord des yeux
07:44 Écrit par Paola Pigani dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : villeurbanne, ligne de l'est
07 juin 2020
Les dés n'ont pas été jetés

©gillesvugliano
Tu n'avais pas assez de tes deux mains
Pas assez de tes dix doigts pour coudre
Un jour après l'autre
Du lundi au dimanche
Repriser les accros du temps
Avec les fils tremblants de la lumière
La fatigue souvent traînait un ourlet défait
Dans les dernières heures du soir
Quand une aiguille te blessait
C'était pour t'offrir
Une perle de sang sur l'index
Une larme de rose détachée de ta peine
C'est moi qui aujourd'hui délaisse l'ouvrage
Pour enfouir mon visage dans son parfum consolateur
Les dés n'ont pas été jetés
Il n'y a plus de hasard pour les femmes en allées
©piganipaola
10:01 Écrit par Paola Pigani dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : gilles vugliano, fête des mères
21 mai 2020
Passagère

©paolapigani
Et la nuit qui venait n'avait pas de passé.
Jean - Claude Pirotte
09:16 Écrit par Paola Pigani dans Lyon perle de soie grise, Poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : jean- claude pirotte, ajoie, lyon
18 mai 2020
En magasin

Sur la vitrine d'une épicerie italienne à Clermont Ferrand,à l'initiative de l'association La semaine de la poésie.
Merci à leur équipe formidable qui a continué à partager sur leur site et vitrines les textes des poètes invités suite à l'annulation des rencontres .
08:44 Écrit par Paola Pigani dans La renouée aux oiseaux, Poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : la renouée aux oiseaux, la boucherie littéraire, semaine de la poésie
12 mai 2020
Qui que tu sois

Qui que tu sois: c'est le soir, tu quittes ta chambre, où tout t'est connu.
Ta maison est la dernière avant le lointain: qui que tu sois.
Tes yeux fatigués peinent à se détacher du seuil usé .
Tu soulèves lentement un arbre noir et tu le mets, élancé et solitaire, contre le ciel.
Et tu as créé le monde. Et le monde est grand, comme un mot qui mûrit encore dans le silence.
Et dès que ta volonté en saisit le sens,
Tes yeux s'en détachent avec douceur.
Rainer Maria Rilke, Dalla misura delle stelle, éditions Ponte alle grazie
Traduction inédite et gracieuse de Dominique Paravel que je remercie de tout coeur.
Traduction en italien de Giusi Drago.

15:51 Écrit par Paola Pigani dans Des livres, Poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : rainer maria rilke, dalla misura delle stelle, éditions ponte alle grazie, dominique paravel, giusi drago.
07 mai 2020
Dans la rue

Sur un trottoir de mon quartier
On a tracé sur le bitume
Les lignes des futures excisions
Les chantiers sont à l'arrêt
Un homme à deux pas
Repeint le mur de sa maison
Celui qu'on a épinglé comme un papillon
Sur un lit d'hôpital est seul
Au milieu d'un essaim nerveux
D'escale en escale
Il poursuit le voyage
De ses ailes abîmées.
Je vous souhaite un printemps inexorable.
Pablo Neruda
15:32 Écrit par Paola Pigani dans Poésie, Un printemps inexorable | Lien permanent | Commentaires (0)
05 mai 2020
Poste restante

Sur une boite aux lettes de la Poste
Des mots tracés au marqueur
Envoie des lettres d'amour
Plus loin
Des mains d'enfants ont dessiné
Une marelle
Qui va jusqu'au ciel de craie
Et toujours aux fenêtres
Des soleils au feutre à l'eau et
Leur sourire de papier
Des grands mercis en pattes d'araignée
Plus loin
Des gants de latex
Jetés avec la peur dans le caniveau
Fin du périmètre de l'enfance
©paolapigani
Je vous souhaite un printemps inexorable.
Pablo Neruda
08:51 Écrit par Paola Pigani dans Poésie, Un printemps inexorable | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : dans la rue


















