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16 janvier 2018

En attendant je me pardonne

 

 

 

 

 

L’écrivain est toujours deux : celui qui achète du pain et des oranges, téléphone, va à son travail, paie son eau et son électricité, salue ses voisins ; et l’autre, celui qui se consacre à l’écriture. Le premier veille sur la vie absurde et solitaire de l’inventé. Il y a du plaisir dans cette servitude. Mais ce plaisir n’est qu’apparent. Car la nostalgie du retour à l’unité demeure. Car être deux n’est pas plus facile qu’être un.

Un soir, j’ai senti que le voyage vers l’infini devait être radical, et d’un seul élan. Couper les amarres une bonne fois pour toutes et s’en remettre aux conséquences de cet acte définitif. Il ne peut y avoir d’autre voie, d’autre façon de faire. Moi, en revanche, j’ai hésité entre la fragile tentative de commencer ce voyage sans retour et la soumission délicieusement rebelle à la vie. C’est pour cette raison que je ne me suis retrouvé nulle part. J’en suis resté aux simulacres. Alors, ce soir-là, ce soir, je sais que je ne suis pas fait de la matière qui permet d’arriver entier et debout à la nuit finale.

Mais, à d’autres moments, je me dis que la vie, pour être la vie, doit être vécue là où tout le monde se trouve. Que l’amitié, le rire, le jeu font également partie de l’infini. D’un infini sale, mais d’un infini.

Alors, je sais que je cherche un soulagement à la pression que j’exerce sur moi-même. Alors je vois qu’il n’y a pas d’issue tant qu’on veut à la fois tout le reste et avoir un peu de pitié pour soi. Ou qu’il y en a peut-être une mais qu’elle ne m’est pas accessible. En attendant je vieillis. En attendant je me pardonne. Ce que j’écris est une partie de ce pardon, la tentative d’accommoder mon corps à la douleur. Autre fragile tentative qui me laissera là où j’étais. Ecrire, c’est chercher ce qu’on ne trouvera pas.

Carlos Liscano

 

08:41 Écrit par Paola Pigani dans Des livres, Voyage | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : baie de somme

09 janvier 2018

Dans le cœur étale du silence

 

Vous quittez votre maison et votre pays,vous quittez votre bateau et vos compagnons de tente en disant: " je sors et je risque d'être un peu long."La lumière au loin dans le blizzard vous leurre .Vous marchez, et, un beau jour, vous entrez dans le cœur étale du silence, là où la terre se dissout, où la mer se transforme en vapeur et les glaces sont sublimées sous des étoiles inconnues. C'est la fin de la Via Negativa, l'obscure extrémité où les collines du savoir décroissent et où commence l’amour absolu  parce qu’il est sans objet. 

Annie Dillard Apprendre à parler à une pierre

 

 

19:31 Écrit par Paola Pigani dans Des livres | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : annie dillard

26 décembre 2017

Mon vrai cadeau

Guillevic mon cadeau.png

10:52 Écrit par Paola Pigani dans Des livres, Poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : guillevic ouvrir