01 juin 2015
Mordre la poussière du soir
rues brisées des bulldozers
à la verticale des quartiers
langage coléoptères des répondeurs
qui rendent fou au milieu des ténèbres
et palabres dans les cages d’escalier
araignées du matin jusqu’au soir
et s’embrassent dans les sous-sols
route des filles
battements de tambour du cœur
chemin de nuit en face
bruits de pas sur le gravier
mordre la poussière du soir
quand l’incendie au crépuscule
brûle leurs lèvres
Henri Brosse
22:35 Écrit par Paola Pigani dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : henri brosse
21 mai 2015
Sans titre
Ignorant quand l'aube viendra,
J'ouvre toutes les portes.
Emily Dickinson

21:42 Écrit par Paola Pigani dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : emily dickinson
17 mai 2015
Des œufs durs
Sur le relevé du compteur d'eau
Tu écris un poème pendant que cuisent 4 œufs dans l'eau bouillante
10 minutes dans ta vie qui partent en vapeur d'eau
te font une musique dans la tête
Un bruit de flot dans une casserole de 19 centimètres de diamètres
Si tout va bien, comme d'habitude
L'eau va déborder
La danse des œufs se poursuivre au delà du raisonnable
Tu lorgnes le sablier d'un œil noir
Tu as l'impression d'avoir un tireur d'élite
Là dans un coin de la cuisine
Tu retournes le sablier
Cinq minutes encore
Personne n'a tiré sur toi
Personne n'en veut au temps que tu perds
Encore cinq minutes pour écrire
Ce qui fait qu'aujourd'hui
tu tiens debout
Le chant de quel oiseau
La pluie sur les carreaux
La faim au ventre
Ce refrain de Pino Danièle
Tes ongles ta mémoire
À recouvrir de nacre
Cette phrase de Scuternaire
La passionnante éternité d'une journée
Cette crème que tu parfumes à la fève tonka
Un littoral qui t'attend
18:00 Écrit par Paola Pigani dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (0)
09 mai 2015
Ladra
Une pie
laisse tomber son petit cri dans ma tête
et une brindille à mes pieds
je la ramasse et l'emporte
c'est moi la voleuse
20:22 Écrit par Paola Pigani dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (0)
02 mai 2015
Les bohémiens au XIX ieme siècle
« (…) Je me suis pâmé, il y a huit jours, devant un campement de bohémiens qui s’étaient établis à Rouen. – Voilà la troisième fois que j’en vois – Et toujours avec un nouveau plaisir, l’admirable, c’est qu’ils excitaient la haine des bourgeois, bien qu’inoffensifs comme des moutons. Je me suis fait très mal voir de la foule en leur donnant quelques sols – et j’ai entendu de jolis mots à la Prud’homme. Cette haine-là tient à quelque chose de très profond et de complexe. On la retrouve chez tous les gens d’ordre. C’est la haine que l’on porte au Bédouin, à l’Hérétique, au Philosophe, au solitaire, au Poète – et il y a de la peur dans cette haine. Moi qui suis toujours pour les minorités, elle m’exaspère – il est vrai que beaucoup de choses m’exaspèrent. Du jour où je ne serais plus indigné, je tomberais à plat, comme une poupée à qui on retire son bâton (…) »
Gustave Flaubert
Lettre à Georges Sans du 12 juin 1867
Correspondance, éd. de la Pléiade, tome 5 pp 653-65
15:51 Écrit par Paola Pigani dans Poésie, Voyage | Lien permanent | Commentaires (2)
27 avril 2015
En plein ventre
Implosion de lilas
non pas dans les yeux
en plein ventre
Peuvent bien courir les nuages
21:38 Écrit par Paola Pigani dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (0)
23 avril 2015
La poésie va
Le poème est toujours marié à quelqu'un
René Char
Un jour, tu te persuades du contraire
et la poésie va...
21:31 Écrit par Paola Pigani dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (0)
19 avril 2015
Bateau fantôme
Ni guerre ni paix
Dans le vent des villes
Avancer
Dans la mer unie
Patienter
Le jour dur à gagner
Cargos sans joie où vacillent
Des hommes des femmes
Un sac en plastic un enfant
Serré contre le cœur
Cargos sans joie
Avant la division
Dans les barques
La mer plus forte
Ventre prêt à rompre
Avant d’être des corps
Avant de naitre
Que des corps
Avant d’être passés à la chaux de l’oubli
Repoussés par la mer
Epousés par la mer
Blanchis de trop de sel
De trop d’espoir
Faut-il rager contre la mer
Contre la terre ?
Quelle est celle qui vous a portés
Plus loin ?
Vous en plein horizon
Ombres et corps à charrier
Ombres avant les corps
Ombre commune et indivisible
Sur terre
Sous l’eau
A faire chavirer toutes les certitudes
Etre d’un pays ?
Etre d’une frontière ?
Qui lacère le sommeil
Et les rêves
Etre d’une frontière qui entre dans la peau
Etre d’une frontière qui écorche
L’idée même de l’homme
Lacère les mots d’ordre
De vivre et
D’aimer
Une poignée de sel
Jetée
Aux yeux de qui voulait croire
Au chemin qui va
Aux yeux de qui
Voulait croire
Aux sentes dans le sable
Aux louves pleines de lait
Sur l’autre versant de la nuit
Etre d’une frontière qui saigne les mots
Egalité fraternité humanité
Vous avez roulé les images pieuses
Entre les billets
Dans une seule chemise
Vous avez roulé
Un pan de ciel et d’amertume
Entre les sourates et la lettre en français
Pour se présenter sans rougir sans balbutier
Je Vous
Entre toi et moi croire
Que parler c’est exister
Dans ta langue
Dans la mienne
Sans guerre ni paix
Rivages perdus
Terre et mer
Tout se confond
Dans l’utopie et la rage
Le lieu de vous n’existe plus
La rage n’existe plus
Sauf l’écume aux lèvres mortes
Aujourd’hui a ses morsures
Vos yeux voilés de sel
Vos peaux gonflées ne sont rien
Toi Vous Ils
De ta gorge à ta peau
Ni guerre ni paix
Lampés par la nuit
A Lampedusa le 3 octobre 2013.
Texte extrait du n°51 de la revue Bacchanales Maison de la poésie Rhône-Alpes
07:47 Écrit par Paola Pigani dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : lampedusa, paola pigani, bacchanales, maison de la poésie rhône-alpes
18 avril 2015
En passant
Des oeillets d'Italie
vendus sur un trottoir de Lyon
la joie glisse sur les pavés
21:27 Écrit par Paola Pigani dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (0)
17 avril 2015
Maledetto
A côté de moi
une odeur de rue
une odeur de peau
vieillie à l'alcool
des traces de terre sur ses manches
sur ses chaussures
qui ont marché mille ans
il se tient immobile
sur la banquette du métro
ne voudrait pas qu'on le surprenne
vivant
15:45 Écrit par Paola Pigani dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (0)


















