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06 avril 2015

Tic-tac

 

Katia Boutchou

 

 

Tic-tac, tic-tac, tic-tac, tic-tac. Salut, sommeil.

J'aime bien ta voix, j'aime ton chant et ta lueur.

Sans s'arrêter: tic-tac, tic-tac, tic-tac, c'est mon réveil,

accompagné par des cigales et par mon cœur.

 

Entre, mais ne touche pas pas ma douleur:

ça coule, ça craque.

Ça risque d'être répandu aux alentours.

A la question: tic-tac, tic-tac? Réponds: tic-tac,

tic-tac! Comme si c'était la langue de tous les jours.

 

J'espère que tu n'es pas contre cette douce attaque.

Les cheveux des gens, l'herbe de la terre, écoute,

ça pousse:

de cette manière réglée et stricte: tic-tac, tic-tac.

tic_tac, tic-tac, tic-tc, tic-tac. Bonne nuit à tous.

 

 

Katia Bouchoueva Tes oursons sont heureux

Edition Color Gang

19:28 Écrit par Paola Pigani dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : katia bouchoueva, tes ours sont heureux, color gang

05 avril 2015

Sans titre

 

 

C'est la blessure qui parle?

Elle parle juste

 

Yannis Ristos

12:30 Écrit par Paola Pigani dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : ristos

03 avril 2015

Fond de vallée

 

 

 

 

 

une chaîne de pluie

du ciel au toit

du toit à moi

toute la brume sur mes épaules

19:09 Écrit par Paola Pigani dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (0)

01 avril 2015

Le poids du monde

 

 

Je pourrais me libérer du poids du monde dans tes bras,

je pourrais l'ôter de mon crâne, le jeter dans un coin

au fin fond de l'appartement; je pourrais rester

prés de toi, dans la légèreté de ton corps, à l'écoute

de la chute du temps dans un clepsydre invisible.

 

Le monde, cependant , insiste auprès de moi. Il est là,

au fond de l'appartement, avec sa pesanteur. Il attend

 que quelqu'un

le prenne et redescende l'escalier, courbé, comme

si tout ce que nous avions à faire était de le porter

en haut, en bas, dans ces escaliers sans ascenseur.

 

Et moi, près de toi, en t'enlaçant, j'espère que le monde

ne bougera pas de son coin, au fond de l'appartement.

  Je t'étreins

comme si ton corps me délivrait de ce poids,

qu'il n'était pas là, ne m'attendait pas pour que  je le 

  descende

et le remonte dans ces escaliers d'un immeuble sans 

ascenseur.

 

Mais l'amour se charge lui aussi du poids du monde.

  Et les mots

avec lesquels nous nous séparons, avant que je le soulève à nouveau

et t'abandonne à ta légèreté, apportent déjà l'écho des

 choses

que j'ai jetées au fond de l'appartement, où je ne veux

 pas que tu ailles,

pour que tu n'aies pas à porter, toi aussi,le poids du monde.

 

Nuno Jùdice

22:31 Écrit par Paola Pigani dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : nuno jùdice

30 mars 2015

Insomnie

 

 

 

Sur mon insomnie

Dépliée bien à plat

Le moteur du frigidaire

La pluie tranquille

Un homme au masque de papier d’argent

Possibles futurs

Le mimosa d’un jardin ami

un verre de lait

Ce qui reste à vivre

Ce qui reste à écrire

 

Les oiseaux de l’aube

12:36 Écrit par Paola Pigani dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (0)

29 mars 2015

D'un dimanche l'autre 2

 

 

Entre une flaque de ciel

et une flaque de café

l'heure d'été

15:54 Écrit par Paola Pigani dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (0)

28 mars 2015

Voyager sans y croire

 

J'ai dormi cette nuit

dans une chambre à cinq lits

qui sentait le bois, le plâtre

et les jours sans suite

 

ce matin

les oiseaux l’écartèlent

aux quatre coins du ciel

 

 

 

 

A flanc de montagne

la lumière n'a pas besoin de se hisser

 

 

 

 

15:55 Écrit par Paola Pigani dans Poésie, Voyage | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : catalano

25 mars 2015

Heureux comme un naufragé

 

 

Un homme court dans le village endormi

L’écho de ses pas monte avec les brumes

Un homme traverse le matin

Sans l’ombre d’un doute

Pier Paolo cherche des lieux

Qui n’existent plus

Il s’approche des maisons vides

 croit voir Guido son frère assassiné

Mais c’est un cheval

Un oiseau

Un reste d’orage

Qui remuent dans l’herbe haute

Pier Paolo commence alors

Un nouveau voyage

Entre les rails de fonte

Et le sillage des nuages

Il court, il dévale

Les collines de Belluno

Il dévale son enfance

 

Il cielo fugge,

E un cieco fiume [1]

 

Guido si loin

Les champs escarpés

Les rues d’Udine

Les lions jaloux de Venise

Il court, il dévale

Jusqu’au ras du monde

Jusqu’à cette poitrine glabre

Qu’il mord de rage

Dans un rire d’amour

Sur le sable d’Ostia.

 

La fronte e la radice

Dei tuoi negri capelli

Sono lidi remoti,acque deserte .

Io li guardo affranto,

Felice, comme un naufrago[2].

 

Paola Pigani

 

Anthologie Pasolini Un printemps sans vie brûle.

Edition La passe du vent. Mars 2015

 



[1] Le ciel fuit, c’est un fleuve aveugle

Pier Paolo Pasolini

 

[2] Le front et la racine

De tes noirs cheveux

Sont des rivages lointains, des eaux désertes

Je les regarde épuisé,

Heureux, comme un naufragé.

Pier Paolo Pasolini

24 mars 2015

A ce que nous avons quitté

 

 

Nous revenons à ce que nous avons quitté,


à ce qui nous a quitté. Dans nos mains


un tas de clés, qui n’ouvrent


ni porte ni tiroir ni valise –


nous les faisons tinter et nous sourions,


n’ayant plus personne à tromper,


surtout pas nous-mêmes.

 

Yannis Ritsos

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

13:06 Écrit par Paola Pigani dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : ritsos

04 mars 2015

Printemps des poètes

 

 

 

Printemps des poètes : Comment partager la poésie ?

  • le 11/03/2015 à 14:00
  •  
  • Théâtre des asphodèles - Lyon
  •  
  • Entrée libre sur inscription
  •  
  • Durée : 3:30

 

 

 

Affiche 1

 

Comment partager la poésie ?

Du texte à la voix : les poètes et leurs livres.


Tables rondes, lectures et rencontres autour de la médiation poétique avec les poètes 
Jean-Pierre Siméon, Samantha Barendson, Joël Bastard, Patrick Dubost, Frédérick Houdaer, Raphaël Monticelli, Paola Pigani et Thierry Renard.

Organisé par l'ARALD, en partenariat avec l'Espace pandora et la DAAC de Lyon.