Guillevic 2016linoines la renouée aux oiseaux UA-98678848-1

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17 juin 2014

Corps étranger

 

 

Ouvrir un livre de poésie

collection de poche

trouver entre deux pages

une pastille antivol

se souvenir que ce recueil

on ne l'a pas volé

faire un pont 

entre les deux poèmes

séparés par ce corps étranger

L'encrier s'est renversé sur la ville

...

Il est si grand le nombre

des choses difficiles

07:02 Écrit par Paola Pigani dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : paul de roux

09 juin 2014

Toujours Guillevic

 

 

 

Il y aura toujours une lumière

Pareille à aucune,

Où ce pourrait être l’endroit

Il y aura toujours

A ne pas s’arrêter

Toujours

A ne pas savoir pourquoi.

Il y aura toujours

A rencontrer la bonne lumière,

Celle

Où n’avoir plus rien à perdre.

 

Eugène Guillevic

 

 

 

07:51 Écrit par Paola Pigani dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : guillevic

02 juin 2014

Mother where are you ?

 

 

 

 

 

 

Mère en allée vers l'outre-ciel de son enfance

sur l'autre versant de sa mémoire

 

douleur intacte comme le pane al latte

retrouvé au fond de son congélateur

 

comme les fleurs patientes contre le mur

que sa main ne peut atteindre...

12:33 Écrit par Paola Pigani dans Musique, Poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tigran hamasyan, ines roman pigani

29 mai 2014

Quelque chose de Johnny

12:11 Écrit par Paola Pigani dans Musique, Poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : halliday

28 mai 2014

Nous ferons du jour plus tendre

 

 

Il y a quelqu’un

Dans le vent. Sa main se venge

Sur les murs et les arbres.

-Corps humains que l’on palpe,

Corps qui suent :

Rien que ces corps

Devant la peur, devant le froid

Et l’avenir.

 

Et si l’étang se lève, libidineux,

Il n’aura pas raison

De notre calme ;

Nos mains, qui caressent les femmes,

Sauront l’atteindre et lui percer le ventre.

 

Nous construirons.

 Nous liquiderons la peur. De la nuit,

Nous ferons du jour plus tendre

 

Et nous n’aurons besoin

Que du toucher des peaux

 

 

Guillevic  . Terraqué

08:50 Écrit par Paola Pigani dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : guillevic

11 mai 2014

Piazza Carlo Alberto

 

Piazza Carlo Alberto, j'y étais hier

Je n'ai pas vu de traces de sang

Juste la rose rouge de Franca

un homme ivre

et un vent de pollens

à vous fermer les yeux

quand on est à la recherche 

d'un vieux fou

 

 

A Turin

piazza Carlo Alberto

les pavés se souviennent-ils encore

y avait-il d'ailleurs seulement des pavés

et qu'est-ce qui a reçu

le 3 janvier 1889

à la station des fiacres

les genoux vaincus de Nietzsche

et ses mains qui avaient pitié

les pavés se souviennent-ils encore

piazza Carlo Alberto

du cheval battu à mort

par une brute par un idiot

sous les yeux et l'impuissance de Nietzsche

 et de cette tête de cheval qu'entre ses bras il avait prise

de ses sanglots sur la rosse ensanglantée qui agonise

douleur incarnée dans la chair de cette carne

qui la soulève et s'y fiche

cheval indompté de son apocalypse

de l'abysse noir où il s'enfonça

Nietzsche

et mourut en compassion à l'esprit

piazza Carlo Alberto

d'autres imbéciles d'autres cogneurs

d'autres perverses têtes creuses

dans d'autres lieux sur d'autres places

ont cru bon de s'en parer

ont cru bon de s'en emparer

de son nom

de son regard sans mots

qui transperce toujours et les nuits et les murs

des amoureux noirs des carnages rouges

des serveurs haineux des vieux dieux obscurs

" il y aura des guerres

comme il n'y en a encore jamais eu ici-bas"

il dit et ne dit pas

et dans un désespoir à ne même plus hurler

son regard les fixe du fond de sa nuit

du fond de ce trou qui s'ouvrit sous lui

dans l'engloutissement de l'amour égorgé

et qu'il en devint fou

piazza Carlo Alberto.

 

Jean Pérol. Libre livre. Edition Gallimard

22:03 Écrit par Paola Pigani dans Poésie, Voyage | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : turin, perol, nietzsche

03 mai 2014

Garonne

garonne.jpg©paolapigani

 

 

 

Garonne en avril ne mâche pas ses eaux

qui se tordent à leur tour

celles de Saône, Vistule, Bonnieure et Duna

écartées en mémoire pour laisser passer

des mots , des visages, des lueurs oubliées

de ces eaux qui enfantent les raisons du voyage

et heurtent l'éclusier, le pêcheur,

celui n'ayant qu'une bouteille serrée dans les bras 

n'a plus de quoi envoyer sa missive

vers la femme perdue ou le dieu des salauds.

 

Paola Pigani

 

13:08 Écrit par Paola Pigani dans Poésie, Voyage | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : bordeaux, garonne

02 mai 2014

La branche au dessus des nuages

La branche au dessus des nuages

 

C’est l’été

Le soleil brille

Haut et fort

La nature

S’épanouit en tout

Sens en tout

Lieu

Les oiseaux cherchent la branche

Au dessus des nuages

D’où ils pourront s’élancer

Vers la rivière poissonneuse

Qui coule

Dans le couloir du bus

191

Entre deux blocs de béton

Et un supermarché

 

 

Thierry Roquet. Le cow-boy de Malakoff. Edition le Pédalo Ivre.

18:49 Écrit par Paola Pigani dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : thierry roquet

20 avril 2014

Immobile est la poussière

 

 

Immobile est la poussière,

Songe prophétique, hier,

J'avais en rêve brisé,

Coupe emplie par le printemps,

La limpidité du vent.

 

René Leynaud

11:50 Écrit par Paola Pigani dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : rené leynaud

17 avril 2014

Adieu Pierre Autin-Grenier

 

Vas-t-en à présent

écraser les escargots

sur tes chemins d'enfance

manger des radis bleus par la racine

te lire nous ramènera ton rire triste

et ton fol amour des mots.

 

Paola Pigani

 

 

D’une aube l’autre, j’habite la banlieue des choses ; le centre du monde et ses merveilles n’ont prise sur ma conscience. Je ne salue pas le jour naissant ni ce nouveau pays qui vient. Bien au contraire, sans avoir à bouger j’absous le bonheur ( sa terreur quotidienne) et je dis méthodiquement, avec les mots qui passent, l’infinie douleur d’être homme et si maladroit avec le parfum des femmes, l’amour de la mer, les marées aveugles de la mort. Ayant passé plusieurs siècles inquiets à comprendre que je n’étais rien (l’enfance est un exil qui n’en finit pas), toute mon ambition maintenant est d’être moins encore. Dés lors, pourquoi céder aux sirènes de la nuit ?...Se tenir plutôt proche de l’orage menaçant, tête d’ange déchu, réfugié tel passager en transit dans son   propre froid intérieur.

Ainsi ai-je chois un certain silence, comme au-delà des mots à venir on écrit toujours pour la dernière fois.

 

 

 

Pierre Autin-Grenier.

Histoires secrètes. Editions La Dragonne

06:43 Écrit par Paola Pigani dans Des livres, Poésie | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : autin-grenier