17 juin 2014
Corps étranger
Ouvrir un livre de poésie
collection de poche
trouver entre deux pages
une pastille antivol
se souvenir que ce recueil
on ne l'a pas volé
faire un pont
entre les deux poèmes
séparés par ce corps étranger
L'encrier s'est renversé sur la ville
...
Il est si grand le nombre
des choses difficiles
07:02 Écrit par Paola Pigani dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : paul de roux
09 juin 2014
Toujours Guillevic
Il y aura toujours une lumière
Pareille à aucune,
Où ce pourrait être l’endroit
Il y aura toujours
A ne pas s’arrêter
Toujours
A ne pas savoir pourquoi.
Il y aura toujours
A rencontrer la bonne lumière,
Celle
Où n’avoir plus rien à perdre.
Eugène Guillevic
07:51 Écrit par Paola Pigani dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : guillevic
02 juin 2014
Mother where are you ?
Mère en allée vers l'outre-ciel de son enfance
sur l'autre versant de sa mémoire
douleur intacte comme le pane al latte
retrouvé au fond de son congélateur
comme les fleurs patientes contre le mur
que sa main ne peut atteindre...
12:33 Écrit par Paola Pigani dans Musique, Poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tigran hamasyan, ines roman pigani
29 mai 2014
Quelque chose de Johnny
12:11 Écrit par Paola Pigani dans Musique, Poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : halliday
28 mai 2014
Nous ferons du jour plus tendre
Il y a quelqu’un
Dans le vent. Sa main se venge
Sur les murs et les arbres.
-Corps humains que l’on palpe,
Corps qui suent :
Rien que ces corps
Devant la peur, devant le froid
Et l’avenir.
Et si l’étang se lève, libidineux,
Il n’aura pas raison
De notre calme ;
Nos mains, qui caressent les femmes,
Sauront l’atteindre et lui percer le ventre.
Nous construirons.
Nous liquiderons la peur. De la nuit,
Nous ferons du jour plus tendre
Et nous n’aurons besoin
Que du toucher des peaux
Guillevic . Terraqué
08:50 Écrit par Paola Pigani dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : guillevic
11 mai 2014
Piazza Carlo Alberto
Piazza Carlo Alberto, j'y étais hier
Je n'ai pas vu de traces de sang
Juste la rose rouge de Franca
un homme ivre
et un vent de pollens
à vous fermer les yeux
quand on est à la recherche
d'un vieux fou
A Turin
piazza Carlo Alberto
les pavés se souviennent-ils encore
y avait-il d'ailleurs seulement des pavés
et qu'est-ce qui a reçu
le 3 janvier 1889
à la station des fiacres
les genoux vaincus de Nietzsche
et ses mains qui avaient pitié
les pavés se souviennent-ils encore
piazza Carlo Alberto
du cheval battu à mort
par une brute par un idiot
sous les yeux et l'impuissance de Nietzsche
et de cette tête de cheval qu'entre ses bras il avait prise
de ses sanglots sur la rosse ensanglantée qui agonise
douleur incarnée dans la chair de cette carne
qui la soulève et s'y fiche
cheval indompté de son apocalypse
de l'abysse noir où il s'enfonça
Nietzsche
et mourut en compassion à l'esprit
piazza Carlo Alberto
d'autres imbéciles d'autres cogneurs
d'autres perverses têtes creuses
dans d'autres lieux sur d'autres places
ont cru bon de s'en parer
ont cru bon de s'en emparer
de son nom
de son regard sans mots
qui transperce toujours et les nuits et les murs
des amoureux noirs des carnages rouges
des serveurs haineux des vieux dieux obscurs
" il y aura des guerres
comme il n'y en a encore jamais eu ici-bas"
il dit et ne dit pas
et dans un désespoir à ne même plus hurler
son regard les fixe du fond de sa nuit
du fond de ce trou qui s'ouvrit sous lui
dans l'engloutissement de l'amour égorgé
et qu'il en devint fou
piazza Carlo Alberto.
Jean Pérol. Libre livre. Edition Gallimard
22:03 Écrit par Paola Pigani dans Poésie, Voyage | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : turin, perol, nietzsche
03 mai 2014
Garonne
©paolapigani
Garonne en avril ne mâche pas ses eaux
qui se tordent à leur tour
celles de Saône, Vistule, Bonnieure et Duna
écartées en mémoire pour laisser passer
des mots , des visages, des lueurs oubliées
de ces eaux qui enfantent les raisons du voyage
et heurtent l'éclusier, le pêcheur,
celui n'ayant qu'une bouteille serrée dans les bras
n'a plus de quoi envoyer sa missive
vers la femme perdue ou le dieu des salauds.
Paola Pigani
13:08 Écrit par Paola Pigani dans Poésie, Voyage | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : bordeaux, garonne
02 mai 2014
La branche au dessus des nuages
La branche au dessus des nuages
C’est l’été
Le soleil brille
Haut et fort
La nature
S’épanouit en tout
Sens en tout
Lieu
Les oiseaux cherchent la branche
Au dessus des nuages
D’où ils pourront s’élancer
Vers la rivière poissonneuse
Qui coule
Dans le couloir du bus
191
Entre deux blocs de béton
Et un supermarché
Thierry Roquet. Le cow-boy de Malakoff. Edition le Pédalo Ivre.
18:49 Écrit par Paola Pigani dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : thierry roquet
20 avril 2014
Immobile est la poussière
Immobile est la poussière,
Songe prophétique, hier,
J'avais en rêve brisé,
Coupe emplie par le printemps,
La limpidité du vent.
René Leynaud
11:50 Écrit par Paola Pigani dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : rené leynaud
17 avril 2014
Adieu Pierre Autin-Grenier
Vas-t-en à présent
écraser les escargots
sur tes chemins d'enfance
manger des radis bleus par la racine
te lire nous ramènera ton rire triste
et ton fol amour des mots.
Paola Pigani
D’une aube l’autre, j’habite la banlieue des choses ; le centre du monde et ses merveilles n’ont prise sur ma conscience. Je ne salue pas le jour naissant ni ce nouveau pays qui vient. Bien au contraire, sans avoir à bouger j’absous le bonheur ( sa terreur quotidienne) et je dis méthodiquement, avec les mots qui passent, l’infinie douleur d’être homme et si maladroit avec le parfum des femmes, l’amour de la mer, les marées aveugles de la mort. Ayant passé plusieurs siècles inquiets à comprendre que je n’étais rien (l’enfance est un exil qui n’en finit pas), toute mon ambition maintenant est d’être moins encore. Dés lors, pourquoi céder aux sirènes de la nuit ?...Se tenir plutôt proche de l’orage menaçant, tête d’ange déchu, réfugié tel passager en transit dans son propre froid intérieur.
Ainsi ai-je chois un certain silence, comme au-delà des mots à venir on écrit toujours pour la dernière fois.
Pierre Autin-Grenier.
Histoires secrètes. Editions La Dragonne
06:43 Écrit par Paola Pigani dans Des livres, Poésie | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : autin-grenier


















